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Indice Jobboom

Québec épargnée, Ottawa frappée de plein fouet

Tandis que la région de Québec semble résister à la crise économique, le marché de l’emploi se détériore davantage chaque mois à Ottawa-Gatineau.

par Noée Murchison




La région de la capitale fédérale a vu son Indice Jobboom, une prédiction mensuelle de la force de l’emploi, passer de 94,6 % en décembre 2008 à 46,2 % en juin 2009, alors qu’il demeure favorable pour la Capitale-Nationale avec 86,8 %. Pourtant, chacune des capitales possède un marché de l’emploi caractérisé par une importante fonction publique.

Moins d’emplois créés

Pourquoi cet écart? «Il semble y avoir beaucoup moins de création d’emplois dans la région d’Ottawa comparativement à ce qui se passe dans la région de la Capitale-Nationale», indique Patricia Richard, directrice générale des contenus pour Jobboom.com.

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En effet, 4 100 emplois ont été créés dans la région de la Capitale-Nationale entre décembre 2008 et mai 2009, tandis qu’Ottawa-Gatineau a accumulé 28 500 pertes d’emplois sur la même période. «Globalement, les chances de se trouver un emploi sont beaucoup plus grandes dans la région de la Capitale-Nationale que dans la région d’Ottawa», souligne Mme Richard.

Baisse de la consommation

Mais comment expliquer qu’Ottawa-Gatineau souffre autant de la crise? Les difficultés de son secteur manufacturier, beaucoup plus axé sur le commerce avec les États-Unis que celui de Québec, seraient la première cause du déclin de l’emploi. «Ce recul s’explique par les pertes d’emplois observées dans les entreprises qui ont des parts de marché aux États-Unis, notamment dans le secteur manufacturier, soit la fabrication de papier ou de produits informatiques et électroniques», dit Ghislain Regis Yoka, économiste régional pour Emploi-Québec — Outaouais.

Et le secteur des services, qui soutenait la croissance de l’emploi depuis six ans dans la région, est aussi touché. «On constate un essoufflement de certains secteurs liés à la consommation intérieure. C’est le cas du secteur commercial, où il y a eu une baisse de l’emploi dans le commerce de détail, mais aussi du secteur du transport, ainsi que dans les entreprises liées à la réparation et à l’entretien, sans oublier les services de soins personnels comme la coiffure, la couture, et l’esthétique», indique M. Yoka.

Même si cette baisse demeure légère, c’est un signe que la crise économique rend les ménages plus prudents. La proximité de l’Ontario, où l’Indice Jobboom a atteint un creux jamais vu en demeurant à 0 % depuis quatre mois, serait-elle à blâmer pour cette insécurité? Si oui, ce n’est que psychologique, car la région tire tout de même son épingle du jeu, selon M. Yoka.

«L’ampleur de la crise est moindre à Ottawa-Gatineau qu’en Ontario, car la structure économique est différente», explique-t-il. Tandis que le principal employeur de la province de l’Ontario est le secteur manufacturier, notamment l’industrie automobile, c’est plutôt l’administration publique, un secteur très stable, qui emploie le plus de gens à Ottawa-Gatineau.

Quelques secteurs de la région continuent d’ailleurs de créer de l’emploi, soit l’administration publique, qui comptait 5 % plus d’employés en mars 2009 qu’en mars 2008, ainsi que l’hébergement, la restauration, l’enseignement et la construction. «Le secteur financier, qui a été à l’origine de la crise aux États-Unis, se porte aussi plutôt bien avec un nombre d’emplois qui est demeuré relativement stable cette année», ajoute M. Yoka.

Peu d’exportations

Du côté de la Capitale-Nationale, malgré l’abolition de 4 500 postes au mois de mai, le marché du travail comptait toujours, en juin 2009 4 100 emplois de plus qu’en décembre 2008. Le secret de cette résistance à la crise actuelle réside surtout dans la croissance continue de plusieurs branches de l’économie régionale. «Le secteur des services va encore relativement bien, notamment avec le commerce de détail qui est en hausse. Le secteur des assurances, un créneau très important, anticipe toujours une bonne croissance, soit environ 400 nouveaux emplois en 2009», illustre Martine Roy, économiste régionale à Emploi-Québec pour la Capitale-Nationale.

«Nous nous en tirons peut-être mieux aussi, car les secteurs de l’administration publique, de l’enseignement et des soins de santé, qui sont bien présents dans la région, continuent de stabiliser l’économie», indique Mme Roy. Ces secteurs représentent d’ailleurs près du tiers des 358 000 emplois de la région.

La région de Québec est aussi épargnée parce que son secteur manufacturier compte moins de 9 % des emplois et ses activités sont peu axées sur les échanges au sud de la frontière. «Comme moins de 5 % des entreprises du secteur manufacturier dans la région exportent, le resserrement des marchés aux États-Unis nous touche moins fortement», précise Mme Roy.

Seule ombre au tableau, la région de la Capitale-Nationale compte quelques grandes entreprises dans le secteur du papier, notamment Abitibi-Bowater. Durement touchées par la crise, celles-ci ont effectué des centaines de mises à pied de courte durée depuis le début de l’année.

À quand la reprise?

Quant à savoir si les travailleurs de la Capitale-Nationale continueront de profiter d’un marché de l’emploi favorable et si ceux d’Ottawa-Gatineau verront bientôt la lumière au bout du tunnel, seul le temps le dira.

Mme Roy souligne que des investissements importants prévus dans les infrastructures et le secteur de la construction pourraient soutenir le taux d’emploi de la région de la Capitale-Nationale, sans toutefois écarter des scénarios plus pessimistes si la crise mondiale se poursuit.

Dans la région de la capitale fédérale, les économistes prédisent que la situation s’améliorera au cours des six prochains mois, à condition que les États-Unis parviennent progressivement à se sortir de la crise. «L’année 2009 devrait servir de charnière pour une reprise éventuelle en 2010, estime M. Yoka. Il y aura encore des pertes d’emploi dans l’industrie du papier, mais globalement le bout du tunnel approche. L’accumulation des signes positifs, avec la reprise boursière et une meilleure tenue de l’industrie de la construction aux États-Unis, contribuera à améliorer la confiance des consommateurs et le secteur des services reprendra.»


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Résultats



Québec

45,9 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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