Travailler dans un lieu où règnent l’entraide, la solidarité, la transparence : pour les Québécois, c’est plus qu’un simple souhait, c’est essentiel! Parmi leurs valeurs au boulot, ils classent un climat de travail sain et agréable au premier rang.

C’est clair, l’expression «pas de chicane dans la cabane» vaut aussi au boulot. Mais pourquoi un climat de travail pacifique est-il une valeur aussi importante aux yeux du travailleur québécois, avant même la richesse et le prestige? «Le fait de valoriser les relations polies, respectueuses, est caractéristique de la société québécoise et de la société canadienne dans son ensemble», répond Bernard Demers, psychologue-conseil.
«Dans les pays occidentaux, le lieu de travail est généralement un espace de prédilection pour la sociabilité», affirme pour sa part Sid Ahmed Soussi, professeur au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal. Tant qu’à côtoyer les mêmes personnes huit heures par jour, autant le faire dans l’harmonie, semblent dire les répondants.
Au bout du compte, ce sont les gens qui font l’entreprise, selon Penny Peroff, directrice du développement organisationnel chez Drakkar, une firme de gestion des ressources humaines. «Les dirigeants qui se soucient de la qualité du climat de travail montrent qu’ils ont compris cette réalité, et les employés leur en sont reconnaissants.»
L’inverse est aussi vrai, selon Pierre Côté, fondateur de L’Indice relatif de bonheur (IRB). «Ne pas accorder au climat de travail l’importance qu’il mérite, c’est sérieusement compromettre la performance de l’organisation, déclare-t-il. Si des employés sont affectés par des tensions ou des conflits, leur travail en souffre forcément.»
«Instaurer un bon climat de travail demande un certain effort de la part des employeurs, explique Penny Peroff. Et malgré la bonne volonté de plusieurs d’entre eux, la plupart ont beaucoup de chemin à faire.»
À l’usine de pneus Bridgestone Canada de Joliette, les conflits avec la direction ont souvent miné le moral des employés au fil des ans. Cela a culminé au milieu des années 1990 lors d’une grève particulièrement rude qui a paralysé les activités de l’usine pendant six mois et demi. Cette fois-là, les salaires n’étaient pas en cause. Le syndicat en avait plutôt contre les concessions demandées par la partie patronale, entre autres sur le plan des congés et de la mobilité, dans lesquelles il voyait des reculs inacceptables. «Les employés ne se sentaient pas respectés», se souvient Guy Charette, président du syndicat.
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