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À l’époque, les discussions patronales- syndicales ressemblaient plutôt à des affrontements. «Ça marchait à coups de poing sur la table», relate le syndicaliste. Même au terme du conflit, il est resté énormément de ressentiment, de part et d’autre. «Nous étions environ 800 employés. Ça fait beaucoup de monde au même endroit, chaque jour, qui n’est pas de bonne humeur», note Guy Charette. Et l’ouvrage s’en ressentait. «Un travailleur mécontent ne donne pas son plein rendement.»
Au cours des mois suivants, les deux parties ont convenu que les choses ne pouvaient pas continuer de cette façon. Mais il a fallu plusieurs mois de médiation avant que les deux camps apprennent finalement à mieux communiquer.
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«Maintenant, si un des interlocuteurs refuse une demande, il explique pourquoi, ce qui permet souvent à l’autre de reformuler la demande d’une façon qui convient à tout le monde», explique-t-il, avant d’ajouter que dans les entreprises, il arrive que l’on se parle sans se comprendre, comme dans un couple!
Aujourd’hui, le temps de ces «chicanes de ménage» démesurées est révolu. Les négociations futures ne seront pas nécessairement simples, mais Guy Charette demeure optimiste. Il en va de même pour Robert Verreault, directeur général de l’usine. «Aujourd’hui, le lien de confiance est acquis. Les syndiqués comprennent que l’usine est là pour faire de l’argent, et nous comprenons l’importance de mobiliser notre personnel», dit-il.
C’est sur ce dernier point que Teknika HBA a travaillé le plus fort. «La récession du début des années 1990 avait été dure. Nous avions dû réduire notre personnel de 300 à 125 employés et nos gens avaient le moral dans les talons, raconte Wilfrid Morin. Puis, lorsque les affaires ont repris, nous avons embauché des centaines de nouveaux employés plus jeunes.» Or, ces derniers avaient des attentes différentes en ce qui a trait au climat de travail, d’où les efforts consentis.
Depuis, la communication patron-employé est fortement encouragée dans les deux sens. Il en va de même pour le respect envers chacun. «Tous ont dû apprendre que le titre de gestionnaire ne donne pas le droit de manquer de respect à qui que ce soit, relate Wilfrid Morin. Si ça arrive, les employés peuvent envoyer un courriel aux ressources humaines et ça va atterrir sur mon bureau. Au début, ils n’osaient pas le faire, mais aujourd’hui, ils se sentent beaucoup plus à l’aise.»
Pas étonnant que Teknika HBA ait remporté le Défi Meilleurs Employeurs 2008, dans la catégorie Grandes Entreprises. «Et notre chiffre d’affaires croît d’au moins 10 % par année», note le pdg. Bon point.