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«Les Y [30 ans et moins] ne se gênent pas pour parler d’argent, puisqu’ils y accordent le premier rang, ex æquo avec le climat de travail. Ils ne traînent pas le passé judéo-chrétien des boomers», affirme Pierre Côté, fondateur de L’Indice relatif de bonheur (IRB). Cette attitude a toutefois ses inconvénients, selon Yvonne Bédard : «Certains jeunes s’attendent à gagner un salaire faramineux dès leur sortie de l’école, mais ils ont intérêt à être moins exigeants au début, le temps de montrer ce dont ils sont capables. Sinon, ils seront déçus, car le marché ne s’adapte pas à leurs demandes, surtout pas ces temps-ci.»
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En revanche, parmi les répondants de 45 ans et plus, l’argent arrive au troisième rang, derrière le plaisir. «C’est normal que les boomers soient moins attachés à l’argent, puisqu’ils en gagnent plus!» selon le psychologue-conseil Bernard Demers. «Tandis que les plus jeunes veulent acquérir une maison ou élever une famille, les travailleurs plus âgés sont rendus ailleurs», observe pour sa part Louise Descarie, fondatrice de La Tête Chercheuse, une entreprise spécialisée dans la recherche de personnel en communication et en marketing.
Mais curieusement, ajoute-t-elle, bon nombre de candidats se disent prêts à accepter un salaire moindre si cela leur permet de faire ce qu’ils aiment, dans un environnement qui leur plaît. «Ils font des concessions avant même qu’on leur en demande! Ils veulent être bien payés, mais certains sont encore sous l’influence de la croyance populaire selon laquelle il faut choisir entre l’argent et le bonheur. Pourtant, c’est tout à fait possible d’avoir les deux.»
Possible, sans doute. Mais à condition de ne pas faire de la paye sa plus grande source de motivation. Selon notre sondage, les individus qui accordent à la rémunération le plus d’importance sont aussi ceux qui se disent le moins heureux…
Entre résignation et contentement
Les salariés qui gagnent de 30 000 $ à 70 000 $ sont ceux qui accordent le plus d’importance à l’argent. Plaçant cette valeur au 2e rang parmi 12, ils donnent l’impression de vouloir améliorer leur sort. Ceux qui déclarent 70 000 $ et plus semblent déjà un peu plus satisfaits du leur, puisqu’ils mettent l’argent en 3e place.
Les travailleurs les moins bien payés, dont le salaire annuel se situe entre 15 000 $ et 30 000 $, relèguent pour leur part cette valeur au 4e rang. Pierre Côté, fondateur de l’Indice relatif de bonheur, voit là une certaine résignation, «comme s’ils ne pouvaient pas espérer davantage de toute façon».