Les Québécois, champions du mieux-être collectif et de la protection de l’environnement? Pas sûr. La valeur «implication sociale» se classe bonne dernière chez les travailleurs d’ici, ce qui suscite une multitude de réactions.

«C’est inquiétant! Une société ne peut pas progresser sans que des gens s’y impliquent activement. C’est une aberration», commente Bernard Demers, psychologue-conseil. «On sait bien que l’implication sociale des entreprises, c’est souvent de la frime, affirme pour sa part Penny Peroff, directrice du développement organisationnel chez Drakkar. Derrière les gros chèques qui sont présentés à des œuvres charitables, soyez assurés qu’il y a une déduction d’impôt.»
Pour l’économiste Claude Montmarquette, les médias nous jettent de la poudre aux yeux en montrant régulièrement l’engagement social de certains individus et organisations. «Les histoires que racontent les journalistes et les intellectuels ne reflètent pas la réalité, juge-t-il. C’est important qu’on ne se fasse pas d’illusions. Quand on connaît la vérité, on peut y faire face en prenant les moyens, politiques entre autres, pour mieux redistribuer la richesse, et pas nécessairement compter sur les travailleurs pour s’impliquer socialement.»
François Rebello, député de La Prairie à l’Assemblée nationale (PQ), trouve quant à lui que les résultats du sondage étaient tout à fait prévisibles. «Même si on désire s’impliquer socialement, personne ne veut le faire dans un climat de travail pourri ou au détriment de sa santé.» Mais il ne faut pas conclure pour autant que les Québécois sont indifférents aux causes sociales, estime le fondateur et ex-président du Groupe Investissement Responsable.
L’avis de Sid Ahmed Soussi, professeur au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal, va dans le même sens : cette valeur relève davantage de l’engagement citoyen que du monde du travail, d’où son piètre classement dans un sondage portant sur l’univers professionnel.
En plus de faire des choix sains pour l’environnement, Perennia s’approvisionne en priorité auprès d’entreprises d’économie sociale, offre ses services à tarif préférentiel aux organismes sans but lucratif et aux coopératives, et utilise ses surplus pour contribuer au développement de la communauté. «Quand nous avons fondé Perennia, nous ne voulions pas que le profit soit au centre de nos préoccupations», relate-t-elle.
La douzième place qu’occupe l’implication sociale dans notre sondage l’a quelque peu surprise, notamment en raison de l’importance de l’économie sociale chez nous. En effet, les organismes sans but lucratif et les coopératives emploient plus de 125 000 Québécois, selon un plan d’action publié en 2008 par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire.
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