Tendances

La fin des bureaux? (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 9
octobre 2009

Une voie d’avenir?

Bien que le phénomène soit difficile à quantifier, le travail à distance répond à des préoccupations très actuelles, au Québec comme ailleurs. En plus de devoir couper les coûts pour traverser la récession, les entreprises cherchent à se prémunir contre les catastrophes appréhendées telles qu’une pandémie de grippe A(H1N1) ou imprévisibles, comme la tempête de verglas de 1998. Dans de telles circonstances, permettre aux employés d’avancer leurs dossiers où qu’ils soient devient pertinent. «C’est certain que le télétravail occasionne des coûts au départ pour donner accès aux bases de données, mais ce sera rentable à long terme. Les entreprises qui auront adhéré au télétravail seront plus compétitives», souligne Jocelyne Arcand, psychologue et consultante en ressources humaines.

Simple à dire, mais pas si facile à faire. «Au Québec, le Code du travail et la Loi sur la santé et la sécurité du travail s’appliquent peu importe le lieu de travail», note Daniel Leduc, avocat chez Ogilvy Renault. Un employeur ne peut donc laisser ses salariés travailler n’importe où, n’importe quand. Il doit s’assurer que leurs bureaux sont confortables, que leurs dossiers sont sécurisés et que la confidentialité des clients est respectée. Et il y a aussi toute la question du con­trôle de la productivité.

Pub.

La spécialiste en télétravail Diane-Gabrielle Tremblay croit que toute entreprise devrait signer une entente avec ses travailleurs à domicile pour leur faire part de ses attentes et de ses objectifs. «Le plus important, c’est d’éviter de couper les liens entre le bureau et la maison. Le télétravailleur ne doit pas oublier qu’il est au service d’une entreprise», note celle qui est aussi professeure d’économie et de gestion à la Téluq.

Chez Assurances générales Desjardins, 250 des 3 500 employés travaillent maintenant à domicile, selon des règles bien établies. «Le télétravail me laisse beaucoup plus de temps, mais je ne peux pas changer mon horaire à la dernière minute, indique Diane Gaudreault, agente d’assurances. Même si je suis à la maison, mon employeur sait à quelle heure je me connecte et lorsque je me déconnecte.»

Génération mobile

Pour les auteures du livre Why Work Sucks, le contrôle des présences ne devrait même pas faire partie de l’équation. Alors qu’elles travaillaient pour la chaîne d’équipement électronique Best Buy, les Américaines Jody Thompson et Cali Ressler ont réussi à convaincre leur employeur de ne pas surveiller les allées et venues. Elles l’ont fait en proposant une méthode appelée ROWE, pour Results-Only Work Environment. «Il faut permettre aux travailleurs de faire ce qu’ils veulent, où ils veulent, pourvu que les résultats soient là», lance Jody Thompson. «Avec Facebook, Twitter et tous les blogs, les jeunes entretiennent déjà des réseaux virtuels. Alors pourquoi ne seraient-ils pas capables d’entretenir des liens avec leur employeur?» juge Cali Ressler.

Au Centre francophone d’informatisation des organisations, Réjean Roy croit aussi que la génération montante pourrait con­tribuer à faire éclater la notion du lieu de travail. «Les jeunes sont habitués de se promener avec leurs ordinateurs, et ce sera difficile de les garder enfermés 40 heures par semaine dans un bureau. Pour eux, l’important c’est que le travail soit fait, peu importe où il est fait», indique-t-il.

Reste à voir s’ils seront tout aussi efficaces hors du bureau. «Le télétravail demande beaucoup de discipline, d’où le scepticisme des gestionnaires plus âgés, habitués de gérer leurs employés en fonction de leur présence physique», note Réjean Roy qui, tout compte fait, ne croit pas à la fin imminente des bureaux à cloisons. «La vaste majorité des gens va toujours avoir besoin de se rendre au travail, ne serait-ce que pour voir du monde.»


guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS