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L'appel des mines du Nord

Dans une récente campagne de promotion, l’industrie minière de la Baie-James disait vouloir attirer 1 000 travailleurs au cours des cinq prochaines années. Dans l’immédiat toutefois, le recrutement demeure timide.

par Anick Perreault-Labelle




Perché entre le 49e et le 55e parallèle, un petit groupe d’employeurs miniers aurait hâte d’accueillir les recrues. «Certaines mines en exploitation ou sur le point de redémarrer auront besoin de main-d’œuvre dans les prochains mois», dit Alain Poirier, président du Comité action mines, qui exerce une vigie régionale des besoins de main-d’œuvre pour l’industrie. Parmi d’éventuels employeurs se trouvent la mine de zinc et de cuivre Persévérance de Xstrata ainsi que les mines d’or Casa Berardi d’Aurizon et Géant Dormant de Cadiscor.

Ces compagnies recherchent des travailleurs ayant une formation professionnelle, collégiale ou universitaire, tels que des conducteurs d’équipement lourd, des foreurs au diamant, des techniciens en automatisation, des technologues en minéralurgie, des géologues et des ingénieurs miniers.

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Le Klondike?

Toutefois, les portes ne sont pas encore grandes ouvertes dans l’industrie minière. Après tout, la récente crise financière a obligé plusieurs compagnies à ralentir leurs activités. À quelques heures de la Baie-James, en Abitibi-Témiscamingue, des jeunes qui ont obtenu leur diplôme d’études professionnelles Extraction de minerai peinent à trouver un emploi. «Les embauches sont rares dans l’industrie minière en ce moment, dit Pierre Guimont, directeur général du Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines. Mais elles vont reprendre quand l’économie va redémarrer.» Ce qui devrait survenir vers 2010 ou 2011, selon les experts. «La demande de métaux va nécessairement rebondir, parce que la récession va se terminer un jour et que le développement de la Chine et de l’Inde va reprendre», estime pour sa part Alain Poirier, qui est aussi conseiller aux opérations régionales à la direction régionale du Nord-du-Québec d’Emploi-Québec.

De plus, le vieillissement des travailleurs de l’industrie nécessitera du renfort, tandis que le Plan Nord annoncé par le gouvernement du Québec vise notamment à développer le potentiel minier du nord de la province. Bref, tout indique que l’ou­vrage sera au rendez-vous à la Baie-James dans les prochaines années.

De bons salaires

Travailler dans cette région, aussi appelée Jamésie, implique bien sûr un certain isolement. Sur ce territoire grand comme l’Allemagne, la densité de population est d’à peine 0,1 habitant au km2 (contre 3 770 sur l’île de Montréal). Mais pour les travailleurs de l’industrie minière, les salaires compensent. «À l’entrée, un mineur gagne 50 000 $; avec l’expérience et les primes à la productivité, il obtient jusqu’à 100 000 $, dit Alain Poirier. Tous postes confondus, les travailleurs des mines reçoivent 70 000 $ en moyenne.»

Certes, le métier est dur physiquement. Mais, selon l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur minier, les cas d’accidents et de maladies professionnelles ont diminué de moitié au cours des 15 dernières années, ne touchant «plus» que 6,2 % des travailleurs en 2008. «Il y a moins de poussière qu’avant grâce à des systèmes de ventilation plus performants tandis que les travailleurs courent moins de risques parce qu’ils manient plus d’équipements à distance», dit Alain Poirier.

Une aventure qui en vaudra sans doute la peine quand le temps sera venu.


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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