Surnager dans la merde. Ramasser des rats à moitié dévorés. S’encroûter de suie. Côtoyer les vers blancs. Récupérer les roadkills. Et tant qu’à faire, éliminer les traces d’un meurtre sur le papier peint. Il y a des sales jobs, comme on dit. Mais il faut bien que quelqu’un les fasse... au risque d’aimer ça!
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NOM : Michel Grenier
JOB : Exterminateur, Associés Exterminateurs MG Inc., Montréal
TÂCHES : Exterminer les rongeurs et les insectes. Prévenir les infestations dans les bâtiments industriels ou commerciaux.
CE QU'IL FAUT : Ne pas avoir peur des bibittes! Et pour trouver la source d’une infestation, connaître les habitudes de vie des insectes pour repérer les recoins où ils se cachent.
LE PLUS DÉGUEU : Le plus écœurant, ce sont les rats. Pour les exterminer, j’utilise des pièges. Mais comme ils sont carnivores, un rat en liberté n’hésitera pas à en manger un autre qui est pris au piège. Je ramasse donc des rats morts et à moitié dévorés. Disons que je ne vais pas dîner tout de suite après!
UNE JOURNÉE AU TRAVAIL : Quand j’arrive chez un client, je dois poser beaucoup de questions pour déterminer à quel type de parasite j’ai affaire. J’extermine toutes sortes d’insectes : ceux qui vivent dans les produits alimentaires et dans les armoires de cuisine, ceux qui préfèrent l’humidité des sous-sols et des salles de bains, les coquerelles, les fourmis, etc. Je m’attaque aussi aux rats et aux souris.
Les gens ont souvent une image erronée du métier d’exterminateur. Ils s’attendent à me voir habillé en ghostbuster, mais mon équipement est simple : quelques produits, des gants, un masque. La salubrité des lieux que je visite varie, mais en règle générale, si c’est infesté, ce n’est pas très propre! J’en vois vraiment de toutes les couleurs. J’ai déjà sorti 200 rats domestiques d’un petit un et demie. Le locataire, qui n’avait visiblement pas toute sa tête, en avait acheté quelques-uns dans une animalerie et il avait complètement perdu la maîtrise de la situation. Les rats s’étaient reproduits et avaient envahi le logement. L’odeur d’urine était insupportable! Heureusement, ce genre de situation extrême est plutôt rare.
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NOM : Yanick Paradis
JOB : Technicien en restauration de lieux sinistrés, Sinistre Montréal, Montréal
TÂCHES : Nettoyer les lieux après toutes sortes de sinistres : homicide, suicide, incendie, inondation, refoulement d’égout, etc.
CE QU'IL FAUT : Ne pas avoir peur de se salir et être prêt à travailler à tout moment puisque les urgences sont impossibles à prévoir. Il faut aussi être rassurant, parce que quand j’arrive sur les lieux d’un sinistre, les gens sont souvent encore sous le choc. Je dois leur signifier que je suis là pour améliorer la situation.
LE PLUS DÉGUEU : Sortir un tapis d’un endroit où il y a eu un refoulement d’égout. Il faut le rouler et le prendre dans nos mains, mais comme il est imbibé d’excréments et d’urine, ça coule partout! Parfois, ce sont les odeurs qui sont difficiles à supporter. Dans les endroits où un corps en décomposition a été trouvé, par exemple.
UNE JOURNÉE AU TRAVAIL : Lors d’un sinistre, les compagnies d’assurance des sinistrés nous contactent. Plus vite j’arrive, moins les dommages seront graves. Évidemment, mon travail varie selon les événements qui se sont produits, mais l’objectif est toujours le même : remettre les lieux dans leur état original. Dans le cas des inondations et des refoulements d’égout, je commence par pomper l’eau avec le camion-usine. Ensuite,je déshumidifie et j’assèche les lieux. Si c’est nécessaire, j’arrache les planchers, les murs et les tapis endommagés. Après un incendie, je nettoie toutes les traces de suie et je filtre l’air avec un épurateur, pour chasser l’odeur de fumée. Même chose pour les homicides ou les suicides : je commence par enlever l’odeur de putréfaction et je frotte pour faire disparaître toutes les traces de sang. Heureusement, je n’ai encore jamais eu à ramasser des restes humains et j’espère ne jamais avoir à le faire!
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NOM : Louise Castilloux
JOB : Éboueuse, arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Montréal
TÂCHES : Collecter les ordures ménagères de l’arrondissement.
CE QU'IL FAUT : Être en forme, avoir de bons bras. Posséder une bonne résistance physique parce qu’on travaille à l’extérieur toute l’année, peu importe le temps. Et il ne faut pas être dédaigneux!
LE PLUS DÉGUEU : Le printemps est la pire période de l’année. Avec la fonte des neiges, les gens nettoient leurs terrains, les sacs sont pleins de feuilles mouillées et de cacas de chiens. Je me suis habituée à l’odeur, mais le jus de poubelle qui me coule dessus n’est jamais très ragoûtant! L’été, les sacs sont couverts de vers blancs et de mouches, et de temps en temps, des rats se cachent dessous.
UNE JOURNÉE AU TRAVAIL : Mon quart de travail débute à 6 h 30, mais on ne commence pas la collecte avant 8 h pour donner la chance aux citoyens de sortir leurs sacs. En attendant, on vide les poubelles publiques. En une journée, mon équipe (deux éboueurs et un conducteur) ramasse en moyenne de 10 à 12 tonnes de déchets. L’été, pendant la période des déménagements, ça peut monter jusqu’à 18 tonnes! Pour travailler, je porte des bottes de sécurité, des gants et un pantalon pour éviter de me blesser les jambes avec des objets qui se trouvent dans les sacs, comme des morceaux de verre ou des seringues.
À la fin de la journée, je sens le pipi! Les chats et les chiens qui passent dans la ruelle urinent sur les sacs pour marquer leur territoire, et en les ramassant, je m’en mets partout. L’été, je garde le nez loin de l’arrière du camion pour éviter l’odeur et pour me rafraîchir. L’hiver, c’est le contraire. Je garde la tête derrière le camion, car c’est plus chaud et ça ne sent rien, les ordures sont gelées!