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Tranches de vie
Marie-Josée Beaudoin, technicienne en échographie ovine

Échos de la bergerie

Les moutons, c’est ma passion. J’en ai même sur mon pyjama!

Propos recueillis par Steve Proulx
Photo : Patrice Bériault


Magazine Jobboom
Vol. 6 no. 4 avril 2005

Depuis six ans, je sillonne le Québec, de la Baie des Chaleurs à Saint-Hyacinthe, pour échographier des fœtus de brebis et, plus rarement, de chèvres. Les cheptels que je visite comptent en moyenne de 500 à 1 000 brebis.

Je peux en échographier 100 à l’heure. Ça me permet de savoir si une bête est gestante (enceinte, pour les animaux) ou pas. Ses chaleurs s’étendent du mois d’août à la fin de février, et chaque brebis devrait porter au moins un agneau, idéalement deux. C’est important : une brebis qui n’est pas «pleine» ou qui est stérile mange les profits du producteur. Elle ira donc vite faire de la saucisse!

C’est très propre, une bergerie. Quant aux moutons, ils sont parfois bruyants, mais seulement à l’heure des repas : ils bêlent parce qu’ils ont faim…

Je suis debout au-dessus des brebis pour manipuler l’échographe, un petit appareil portatif fonctionnant aux ultrasons. Quand on pose la sonde sur le ventre de l’animal, c’est flagrant : on voit sur l’écran l’agneau, les côtes, le museau, le cœur qui bat. La technique n’est pas dangereuse pour l’animal. Il m’arrive même de faire de petites «échos» à des copines productrices qui sont enceintes!

La brebis est un animal craintif dont on ne peut jamais prévoir les réactions. Au fil des ans, il m’est arrivé plusieurs incidents fâcheux. J’ai reçu des coups de pattes, j’ai eu des ligaments du genou déchirés... J’ai déjà fait le tour d’un enclos, agrippée sous le ventre d’une brebis partie en peur.

Une fois, j’ai été coincée dans une allée étroite de la bergerie alors qu’un bélier et trois brebis fonçaient sur moi. Je n’ai pas eu le choix, j’ai littéralement joué à saute-mouton!

Mon travail est réellement agréable parce que le mouton est une bête merveilleuse. Mais plus encore, le contact avec les fermiers est fantastique. La plupart d’entre eux passent le plus clair de leur temps dans leur bergerie, seuls avec leurs moutons. Quand ils me voient, ils en ont des choses à raconter! Je dis toujours que je fais une heure d’échographie et une heure de thérapie par le rire…



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