Trouvez un article

Rechercher

Tranches de vie
Martine Blouin
caméraman en parachute, Voltige 2001

Caméra sautée

J’ai découvert le parachutisme il y a 10 ans : je vivais une peine d’amour et j’avais besoin de me changer les idées. Alors j’ai sauté! Le parachutisme, c’est la liberté, l’évasion.

Propos recueillis par Corinne Fréchette-Lessard
Photo : Patrice Bériault


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 7 août 2006

J’ai attrapé la piqûre et suivi une formation pour devenir parachutiste autonome. Il y a cinq ans, j’ai ouvert l’école Voltige 2001 avec des amis. À moins d’avoir un brevet de parachutiste, les gens doivent sauter en tandem, accrochés à un instructeur. Comme je suis trop menue pour sauter avec un «passager» (je mesure 1,5 mètre et pèse 45 kilos), je suis devenue caméraman. Je filme chaque client qui le désire avant et pendant son saut, pour immortaliser son expérience.

Ma caméra est vissée sur mon casque. Pour filmer un saut, je sors de l’avion avant l’instructeur et son «passager» et je les attends, accrochée sur le côté de l’appareil, près de la queue. On s’élance dans le vide en même temps et je capte leur chute libre et l’ouverture du parachute. Chaque saut est différent. Plus le «passager» est lourd, plus lui et l’instructeur descendent rapidement, et vice versa.

Je dois arriver au sol en premier pour filmer l’atterrissage. Afin de contrôler ma vitesse de descente, j’ouvre mon parachute plus tard pour arriver plus vite au sol. Ma combinaison de saut est aussi munie de pans de tissu sous les bras, comme des ailes de chauves-souris. Quand je les déploie, elles bougent dans le vent et peuvent ralentir ma chute au besoin.

Sur mon casque, j’ai aussi un appareil photo. Le déclencheur, relié au boîtier par un fil, est dans ma bouche et je prends des photos en le mordant! En 10 ans, je me suis lancée dans le ciel environ 1 000 fois. Aujourd’hui, je ne ressens plus la peur, mais je la vois dans les yeux des gens que je filme! Sauter en parachute est une expérience intense et c’est très émouvant d’en être témoin.

Dans le ciel, les réactions varient beaucoup : certains sont totalement absents, sous le choc, d’autres crient et font des grimaces. J’ai déjà vu quelqu’un perdre son dentier! Je n’ai vu qu’une seule personne refuser de sauter. C’était une fille qui s’était laissée convaincre par son chum, mais qui, une fois dans l’avion, a complètement paniqué. On n’a pas insisté. Il faut sauter pour soi, et pour personne d’autre.

C’est un boulot assez stressant. Les gens paient cher pour sauter, et beaucoup ne le feront qu’une fois dans leur vie. Je ne dois pas rater mon coup! On croit qu’avant de sauter, on ne pense qu’à vérifier que notre parachute a été bien plié… Moi, je vérifie surtout que mes appareils fonctionnent et que j’ai assez de piles!



guide de survie





Si vous gaffiez devant vos collègues et patrons, comment réagiriez-vous?








Résultats