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Tranches de vie
Mlle Oui Oui Encore, strip-teaseuse burlesque
Blue Light Burlesque

Regardez-moi

La première fois que je me suis déshabillée sur scène, j’ai eu un fun noir!

propos recueillis par Corinne Fréchette-Lessard
photo : Patrice Bériault


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 1 Janvier 2007

La première fois que je me suis déshabillée sur scène, j’ai eu un fun noir! Transgresser un tabou, présenter un numéro de mon cru et faire triper la foule m’ont donné tout un thrill. J’ai déjà fait un strip-tease devant 700 personnes au Théâtre Corona!

L’ambiance d’une soirée burlesque n’est pas érotique, mais séductrice et coquette. Je ne mime pas l’acte sexuel et je ne suis jamais flambant nue : je garde toujours un cache-sexe et des pastilles qui couvrent mes mamelons.

Un maître de cérémonie encourage la foule (autant des hommes que des femmes) à siffler et à applaudir pendant les numéros. Plus le public crie, meilleure je suis!

Avant un spectacle, je mets environ deux heures pour m’habiller, me maquiller et me coiffer. Les éléments essentiels de mon look sont des lèvres très rouges, des faux cils et beaucoup de brillants. Je porte toujours des bas avec une couture derrière la jambe. C’est ma signature!

Pour mes costumes, je colle beaucoup de plumes et de paillettes sur des robes auxquelles j’ajoute des agrafes afin qu’elles s’enlèvent facilement. Je fabrique aussi mes propres pastilles, puisqu’elles se trouvent difficilement à Montréal. Avant, les femmes les fixaient avec du ruban adhésif! Moi, j’utilise de la colle à faux cils ou du latex.

Dans un club burlesque des années 1940 et 1950, il y avait plusieurs types de numéros : un big band, des humoristes, un chien savant, un magicien et, le clou du spectacle, une strip-teaseuse. Le burlesque d’aujourd’hui, c’est surtout du strip-tease.

J’ai toujours tripé sur la danse et le rétro. J’ai fondé la première école de swing au Québec avec mon conjoint, M. Blue Eyes. Ensemble, nous produisons le spectacle de strip-tease en plus d’en assumer la direction artistique et la promotion. Les soirs de représentation, j’ai donc beaucoup d’autres préoccupations que ma pudeur!

J’enseigne aussi le strip-tease burlesque à des femmes de tout âge. Elles apprennent à marcher en talons hauts, à se déhancher, à enlever des gants de façon élégante, à bouger avec un boa. Même s’il n’y a jamais de nudité totale dans mes cours, au début, elles sont toutes très gênées. Mais au bout de quelques semaines, les barrières tombent!



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