Donner sa vie à Dieu peut sembler absurde et inutile dans notre société. Mais le sens de la vie monastique est de rappeler aux autres l’existence de Dieu en faisant de lui notre raison de vivre.
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Je suis entrée au monastère des Recluses missionnaires en 1966. J’avais 18 ans. Je me suis toujours sentie proche de Dieu, mais je n’ai pas passé ma jeunesse à prier! Même si elle était croyante, ma famille a été étonnée quand j’ai annoncé que je me joignais à une communauté contemplative, c’est-à-dire cloîtrée.
J’ai choisi les Recluses pour deux raisons : le silence et la sérénité des sœurs. La communauté est entièrement vouée à la prière, au silence et à la solitude. En plus de participer à plusieurs offices religieux, chaque sœur assume quotidiennement une heure et demie d’adoration (une forme de prière) afin que cette prière soit continue, 24 heures sur 24. Je lis aussi les journaux quotidiennement et j’écoute les informations à la télé ou à la radio trois fois par semaine. Notre mission est de prier pour le monde, alors il faut savoir ce qui se passe!
À mon arrivée, nous étions une soixantaine de sœurs. Aujourd’hui, nous sommes 22. Peu de jeunes femmes se joignent à nous – la dernière a 30 ans et est ici depuis 5 ans. Le manque de relève ne m’inquiète pas : si notre communauté s’éteint, et ce n’est pas pour demain, ce sera la volonté du Seigneur.
Comme dans toute maison, des tâches doivent être accomplies au monastère. J’ai été cuisinière pendant 30 ans. Maintenant, je m’occupe des groupes d’élèves en pastorale qui viennent nous visiter et des gens qui viennent se ressourcer ici pendant quelques jours. Je prends leurs réservations, je les accueille et je les installe dans leur chambre. Nous pouvons héberger 14 personnes, et c’est presque toujours complet!
Mes sorties sont limitées aux rendez-vous chez le médecin, à des colloques, comme celui portant sur la place des associés laïques dans les communautés religieuses, qui s’est tenu l’automne dernier, et à une visite mensuelle à ma mère. Je vais aussi me reposer à l’occasion dans une maison qui appartient à la communauté, à Saint-Denis-sur-Richelieu.
À l’aube de mes 40 ans – personne n’échappe à la crise de la quarantaine! –, j’ai pensé joindre une autre communauté qui faisait plus d’activités caritatives (à titre d’hospitalière ou d’enseignante, par exemple). Après mûre réflexion, j’en suis venue à la conclusion que j’étais là où le Seigneur me voulait.