De vilains volatiles ont envahi votre grenier? Appelez Gilles Cormier, alias Capitaine Pigeon.
![]() |
On m’appelle Capitaine Pigeon. Ma job, c’est de déloger les oiseaux qui se cachent dans les bâtiments et d’empêcher qu’ils reviennent.
Les pigeons et les étourneaux sont les principales espèces auxquelles j’ai affaire. Pour se reproduire, ils s’abritent des intempéries dans les corniches et les greniers, les systèmes de ventilation, les toitures des gratte-ciel ou encore les clochers d’église.
Ils peuvent être très nuisibles. Les étourneaux, par exemple, peuvent obstruer les sorties d’air des sécheuses ou des cuisinières. Tandis que les pigeons de ville, qui se nourrissent surtout d’ordures, transportent un paquet de maladies. En plus, toutes sortes d’insectes comme les larves et les chenilles se forment dans leurs fientes. Celles-ci sont tellement acides qu’elles peuvent perforer une toiture en tôle, endommager le marbre et même la pierre.
Le pigeon femelle commence à pondre à l’âge de trois mois, à raison d’au moins deux œufs quatre fois par année. Quelqu’un qui a un couple de pigeons dans son grenier peut facilement se retrouver avec 30 bestioles au bout d’un an. Un seul petit nid peut donc dégénérer en un gros problème!
Première étape d’une intervention : nettoyer les lieux. C’est la pire partie de la job. J’ai déjà lavé un corridor étroit entre deux bâtiments où il y avait un mètre et demi d’excréments! Comme ce sont des substances cancérigènes, je m’habille comme un scaphandrier avec un masque, en plus de porter un lourd attirail composé d’aspirateurs, de pelles et de désinfectants toxiques.
Ensuite, je me débarrasse des nids et des œufs et j’installe le système de contrôle pour éviter que les bêtes reviennent. Selon le type d’oiseau et le bâtiment, j’utilise différents dispositifs : des fils électriques pour le rebord des corniches, des filets pour bloquer l’accès aux greniers, des pics pour les empêcher de se percher. Selon l’ampleur du problème, ce travail peut prendre de deux jours à un mois.
Les systèmes que j’utilise couramment ne blessent pas les oiseaux, même les fils électriques (ils ne donnent qu’une petite décharge à pulsations de 110 volts). Mais quand ces méthodes ne produisent pas de résultat, je dois recourir à la trappe avec des cages. Je n’ai alors pas le choix de procéder à l’extermination, même si c’est déplaisant : j’aurais beau amener un pigeon à 100 kilomètres de son nid, il y reviendrait en une semaine.
Le contrôle des oiseaux se fait 12 mois par année, principalement dans des édifices commerciaux. Pour faire ce travail, il faut être minutieux et ne pas craindre les hauteurs. J’ai déjà passé une demi-heure suspendu la tête en bas dans un cadre de fenêtre au sixième étage afin de tendre un filet.
Après 12 ans à exercer ce métier, je commence à connaître les habitudes des oiseaux. Je préfère les oiseaux de campagne comme les geais bleus, mais j’aime bien les pigeons et les étourneaux. Ils me donnent du travail!