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Rencontre avec Joris Brun-Berthet, acousticien, un pro de la lutte contre la pollution sonore.
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Les sons ne sont pas nécessairement une source de pollution, mais s’ils sont déplaisants, indésirables ou atteignent un niveau de décibels trop élevé, ils deviennent du bruit. Comme acousticien, je travaille à la source afin de minimiser la pollution sonore et améliorer la qualité de vie des gens.
Les problèmes les plus fréquents sont liés à la ventilation, aux transports et aux chantiers de construction.
La prévention est très importante dans mon domaine : il est plus facile de consulter un acousticien avant la construction que de régler les problèmes après coup! Ainsi, je suis souvent appelé à étudier des plans ou des prototypes et à faire des recommandations.
Par exemple, je peux suggérer à un fabricant de lave-vaisselle d’améliorer l’étanchéité des parois d’un modèle pour diminuer les bruits émis par le moteur. Dans le cas d’un projet de bâtiment, j’étudie les plans et je donne des conseils sur les matériaux à utiliser ou encore l’épaisseur des murs à ériger.
Je travaille principalement avec un sonomètre (un microphone qui mesure le niveau de décibels) et des outils de modélisation par ordinateur pour simuler les niveaux sonores. S’il faut diminuer le bruit provenant d’une autoroute pour les résidences environnantes, la modélisation me permet de déterminer l’épaisseur optimale de l’écran à installer.
La limite permise pour les bruits d’un chantier n’est pas la même que pour une usine qui tourne toute l’année, avec lesquels les gens vivent en permanence. Je dois être au courant de ces différents règlements et dispositions légales.
Mes clients sont variés : municipalités, cabinets d’architecte, industries, etc. Depuis 2002, je travaille sur le projet de remplacement du système de sonorisation du métro de Montréal, avec la firme d’ingénierie Dessau. Mon mandat est de rendre les messages aux usagers compréhensibles par tous, partout dans le métro, en dépit de la réverbération. Une des solutions que j’ai mises de l’avant consiste à mieux répartir la sonorisation en remplaçant, par exemple, trois gros haut-parleurs par dix petits.
C’est mon amour pour la musique qui m’a orienté vers l’acoustique. Mais le métier exige un esprit scientifique (notamment à cause de tous les calculs nécessaires) et j’ai fait des études en physique, en acoustique et en génie.
Il y a de plus en plus de travail pour les acousticiens, car les gens sont davantage sensibilisés qu’avant aux effets du bruit sur leur vie.