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Les aventures d’un tee-shirt dans l’économie globalisée

Pietra Rivoli

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Par Pierre Frisko, chef de sections


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 10 nov 2007


Objet d’une grande banalité, le tee-shirt est ici un beau prétexte pour nous faire connaître l’histoire de la mondialisation. En remontant aux origines de la production du coton aux États-Unis, l’auteure américaine, professeure d’économie et de finance, démontre à quel point cette industrie s’est construite en contournant les impératifs du marché, particulièrement en ce qui concerne les travailleurs.

D’abord basée sur l’esclavage, qui lui a fourni l’abondante main-d’œuvre nécessaire à la cueillette du coton, l’industrie s’est ensuite tournée vers le share-cropping, un système de distribution des terres qui s’apparentait au régime féodal : en échange de son travail, le share-cropper était logé et nourri par le propriétaire. Mais comme il était payé en nature, il ne pouvait même pas espérer un jour prendre possession de son lopin de terre. Les producteurs de coton ont limité les droits des travailleurs jusqu’à l’automatisation complète de la récolte.

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Ensuite, l’industrie textile n’a jamais été beaucoup plus avantageuse pour les travailleurs, puisés dans les couches les plus pauvres et les moins éduquées de la société. Les usines de la Nouvelle-Angleterre avaient d’ailleurs un faible pour les Canadiennes françaises, «dociles, industrieuses et stables», en plus d’être de ferventes catholiques. Le transfert de cette production industrielle en Chine, là où les salaires sont extrêmement faibles et la main-d’œuvre captive, ne devrait surprendre personne.

L’auteure appelle «la longue course vers l’abîme» cette quête vers des salaires toujours plus bas qui fait voyager l’industrie textile aux quatre coins de la planète. Mais dans tous les pays où elle est passée, elle a tout de même servi de locomotive au secteur industriel, en plus de faire naître des mouvements d’émancipation des travailleurs. Pas dogmatique pour deux sous malgré son penchant avoué pour le libre-échange, Pietra Rivoli rappelle qu’au-delà de l’histoire d’un tee-shirt, il est un peu vain de s’affirmer pour ou contre le libre-échange. Il est peut-être plus important de s’attarder à la façon dont il se fait.

(Paris, Fayard, 2007, 358 p.)


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