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Ce fascinant essai de Joel Bakan, professeur de droit à l’Université de la Colombie-Britannique, nous plonge lui aussi dans l’univers malodorant des grandes entreprises, mais avec force rigueur. Centrées sur leurs propres intérêts et ceux de leurs actionnaires, manipulatrices des gouvernements et des communautés, les entreprises agissent sans scrupules et dans un seul but : le profit. Personne morale aux yeux de la loi, la corporation serait en fait un psychopathe si elle prenait chair et os, estime Joel Bakan, qui puise tant dans les principes du droit, de l’économie que de la psychologie pour étoffer sa thèse. Égocentrique, manipulatrice, dominatrice, diabolique, irresponsable, amorale : les attributs comme les exemples ne manquent pas dans la superbe analyse de Bakan, qui scrute à la loupe certaines décisions corporatives qui ont des effets tragiques — parfois mortels — sur des travailleurs, sur des communautés ou sur l’environnement.
La corporation est devenue l’institution dominante de notre société. Mais comme toutes les institutions dominantes dans l’Histoire, elle est appelée à se modifier ou à disparaître, à condition que nous l’aidions à changer, avec suggestions à la clé. Un essai solide, percutant, à la fois terrifiant... et source d’espoir.
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(Pour la traduction française : Montréal, Les Éditions Transcontinental, 2004, 217 pages.)