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Oubliez le poète maudit, la plume dans l’encrier, ivre d’absinthe, insomniaque, fauché. Ce guide dépoussière le mythe romantique de l’écrivain incompris qui mise sur sa gloire posthume pour établir sa notoriété.
L’auteur, journaliste pigiste depuis bientôt 20 ans, y révèle ses secrets d’écriture, ses méthodes de recherche et ses techniques de négociation de contrats de rédaction.
Les chapitres sur les aspects juridiques ou administratifs ralentiront peut-être la lecture, mais Nadeau insiste : il faut s’attarder à ces détails pour vivre de son art. L’écriture, répète-t-il, est un métier comme un autre. Il ne se gêne donc pas pour parler ouvertement des manières d’encaisser le maximum d’argent avec des écrits. L’aspirant prosateur doit pratiquer l’autopromotion et la négociation des droits d’auteur pour arriver à se consacrer pleinement à son œuvre. Le mythe du «pôvre» écrivain vole en éclats!
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Écrire pour vivre parle peu de l’écriture de fiction. Ce n’est pas la spécialité de l’auteur, qui admet sans gêne ses échecs du côté des romans et des pièces de théâtre. Il n’hésite pas non plus à raconter les erreurs de sa carrière journalistique, évoquant par exemple un dossier sur Pierre Falardeau qui n’a jamais été publié; sa recherche était mal entamée et l’angle de traitement ne correspondait pas à la publication visée.
Mais Nadeau ne pèche pas par excès de modestie. Il nous informe des prix de journalisme qu’il a gagnés ou des témoignages de satisfaction reçus de ses clients au cours des années. Normal : il veut nous convaincre de la valeur de son travail, comme il le fait chaque fois qu’il a un projet à vendre. De bonne guerre, mais pas forcément nécessaire : cet ouvrage parle de lui-même!
(Montréal, Québec Amérique, 2007, 424 pages)