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Lectures - Romans

Passeport à l’iranienne

Nahal Tajadod

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Par Pierre Frisko, chef de sections


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 8 sept 2007


Il semble qu’on n’a jamais autant entendu parler de l’Iran que depuis l’arrivée au pouvoir de l’énigmatique président Ahmadinejad, et l’image qui nous en parvient ne rend pas justice à l’histoire de ce pays. En ce sens, le roman de Nahal Tajadod arrive à point nommé pour faire contrepoids et nous en offrir un portrait ô combien plus attachant.

Au cours d’un récent séjour à Téhéran, l’auteure entreprend de faire renouveler son passeport iranien, elle qui possède aussi la nationalité française et le passeport qui va avec. Cette requête sera le point de départ d’une longue aventure dans les dédales administratifs de la république islamique et le prétexte pour nous faire découvrir une série de personnages truculents. Il y a l’amie Narguess, toujours prête à marchander à la baisse comme si sa vie en dépendait. Puis les deux photographes, tout droit tombés du ciel, prêts à se fendre en quatre pour aider la protagoniste à obtenir son passeport. Et le médecin légiste débrouillard, qui promet à un de ses «clients» de lui dégoter un œil et flirte avec les arcanes du pouvoir grâce aux patients qui encombrent sa table… d’autopsie. Et encore, cet improbable docteur Bashiri, qui rêve de devenir le distributeur exclusif d’Adidas dans son pays et cherche à impliquer Gérard Depardieu dans son plan d’affaires.

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Avec humour et tendresse, Nahal Tajadod nous entraîne dans d’interminables balades à Téhéran, souvent en taxi, pour nous faire découvrir son pays d’origine, ses contradictions et ses dysfonctionnements : la contrebande, la toxicomanie – les opiomanes sont légion chez les jeunes –, la brigade des mœurs qui livre une lutte perpétuelle à la coquetterie, la corruption omniprésente et, comme c’est souvent le cas sous les régimes répressifs, cette irrésistible envie de s’expatrier qui chicote le commun des mortels. Sans oublier les rituels comme le târof, cette habitude qu’ont les Iraniens de refuser deux fois, trois fois ou même plus, l’argent qu’on leur doit, avant de finalement l’accepter. Même dans les taxis.

Tout simplement charmant!

(Paris, JC Lattès, 2007, 304 p.)


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