
Marcello Tricotin se dirigeait bien pépère vers une vie magistralement banale jusqu’à ce que son iconoclaste de père, sur son lit de mort, bouleverse ses plans en lui faisant promettre de respecter ses dernières volontés. Le pauvre Marcello, un hypocondriaque fini incapable de s’imaginer ailleurs que dans son village, partira donc sur les traces de son paternel à la recherche d’un frère inconnu.
L’épopée l’entraînera dans une dimension de la vie qui lui avait jusque-là échappé, ne serait-ce qu’en faisant de lui le propriétaire d’un lucratif bordel ayant appartenu à son père. Il découvre ainsi des aspects insoupçonnés de sa personnalité, aidé en cela par la consommation de vin Mariani, boisson miracle à base de feuilles de coca. Il reviendra de son aventure complètement transformé, au grand dam de sa femme et du village entier.
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Folco ne se gêne pas pour tordre le cou de l’histoire et nous faire rencontrer au passage un Hitler en culottes courtes ou un Sigmund Freud en pleine ascension. Les personnages sont plus grands que nature, les aventures aussi, mais Folco se nourrit de ses excès et plutôt que de faire la fine bouche, mieux vaut s’en délecter goulûment. On ne se lasse pas non plus des métaphores de l’auteur, qui exprime ainsi l’étonnement d’un personnage : «Durant un court instant, on eût dit que l’œil droit du cocher mangeait des cerises tandis que l’autre recrachait les noyaux.»
Une parenthèse, tout de même, pour se plaindre du travail de l’éditeur. L’ouvrage est parsemé d’une telle quantité de fautes de français (la page 54 en contient trois à elle seule) qu’on garde l’impression qu’une étape de révision a été oubliée. Et ce ne sont pas que des coquilles, mais souvent de grossières erreurs de grammaire. Espérons que le prochain tirage sera à la hauteur du roman, qui mérite beaucoup mieux que ce travail bâclé.
(Stock, Paris, 2008, 597 p.)