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C’est bien connu, les gens qui ont un physique attrayant réussissent mieux et gagnent des salaires plus élevés que ceux qui sont moins favorisés par la nature. Pierre Sansot, philosophe et essayiste français qui nous a notamment donné Du bon usage de la lenteur (un bijou), s’attaque ici à la dictature de la beauté qui façonne notre société. La vraie beauté émeut, et c’est normal, avance-t-il. Mais l’auteur s’en prend à cette beauté stéréotypée, uniformisée, qui fait en sorte que nous portons tous les mêmes couleurs, les mêmes vêtements ou adoptons les mêmes gestes. Pour lui, il est naturel de vouloir charmer, c’est même une question de politesse et de respect envers les autres. Mais plaire à tout prix, à grands coups de Botox, de cures amaigrissantes ou de séances de musculation, finit par décaper la beauté qui vient de l’intérieur, celle qu’on oublie trop souvent et qui est pourtant le véritable moteur des relations humaines.
Dans cet essai singulier, Pierre Sansot présente sa vision de la séduction et nous incite à réfléchir sur l’art de plaire… ou, pourquoi pas, de déplaire. Les bouquins de ce vieux sage se décrivent difficilement, et se comparent encore moins à la littérature qui remplit habituellement les tablettes des librairies. Celui-là ne fait pas exception : au-delà du titre provocant, c’est un périple, une invitation à voir davantage avec le cœur qu’avec les yeux. C’est le Petit Prince qui serait content.
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(Paris, Payot, 2004, 263 pages.)