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Nos sociétés vieillissantes sont au bord d’une importante guerre des générations. Paradoxalement, alors que les écarts démographiques s’accentuent, les valeurs de la jeunesse dominent encore le palmarès social. Et la gérontophobie – la hargne et le mépris envers les personnes âgées – se répand comme un cancer. Mais c’est justement ce jeunisme qui étouffera sous peu nos sociétés modernes, croit l’auteur de cet ouvrage, qui est codirecteur et éditorialiste d’un quotidien allemand respecté. Pour lui, la disqualification des vieux est une régression, un non-sens. Au-delà du rapport de force entre deux générations, un modèle de civilisation est carrément en jeu. Âgé de 47 ans, l’essayiste allemand nous exhorte à modifier notre regard sur la vieillesse : pendant des décennies, nous vivrons en effet dans un monde en manque chronique de jeunes, qu’on le veuille ou non.
C’est aujourd’hui qu’il faut agir, qu’il s’agisse de mettre au point une architecture urbaine adaptée aux personnes âgées, de combattre notre propre peur de vieillir ou de mettre à profit l’expérience des plus vieux dans le monde du travail. C’est un cri d’alarme qu’il lance et, manifestement, il a été entendu par beaucoup d’Allemands, qui ont fait un best-seller de ce livre. Avec raison, puisqu’en quelques pages bien tricotées, il nous invite à poser des yeux neufs sur les vieux, c’est-à-dire ceux que nous deviendrons tous pas plus tard que demain.
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(Pour la traduction française, Paris, Robert Laffont, 2006, 220 pages.)