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Reporter au quotidien The Globe and Mail, Leblanc recevait de cette drôle de chouette les dénonciations des magouilles et des malversations dont elle était témoin dans le dossier des commandites au ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux du Canada. Le roman – pardon, le récit! – de Leblanc est tissé d’intrigues, de rebondissements, de menaces et de déchéances, où s’affrontent des malfrats caricaturaux et des héros plus blancs que blancs. Des héros comme MaChouette, mais aussi la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, et la responsable de la Loi d'accès à l'information, Anita Lloyd.
C’est cette dernière qui, à la demande de Leblanc, lui a fait parvenir en mai 2000 la liste complète des commandites octroyées depuis 1997, dont les sommes totalisaient 144 millions de dollars au lieu des 12 millions déclarés. Elle le fait malgré les pressions indues d'Alfonso Gagliano, qui veut lui envoyer une liste falsifiée! Or, sans cette liste, pas d’enquête possible et donc, pas de scandale.
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Compte tenu de l’immensité de son scoop, Daniel Leblanc aurait pu se couronner roi des enquêteurs. Il demeure plutôt admirablement honnête tout au long du récit, donnant le crédit à ses héroïnes et démontrant avec des détails croustillants la nature hasardeuse d’une enquête journalistique. Sans accident de parcours, peut-être ne saurions-nous rien aujourd’hui des amicaux Jean Brault, Jean Lafleur et Jacques Corriveau.
(Montréal, Libre Expression, 2006, 375 pages)