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Sujet dans l’air du temps, la mondialisation ne fait pas l’unanimité, loin de là : pendant que certains s’y opposent, d’autres ne jurent que par elle. Dans l’ouvrage Pour un commerce mondial plus juste, les économistes Joseph E. Stiglitz et Andrew Charlton penchent en faveur de la libéralisation des marchés internationaux, mais s’interrogent abondamment sur la manière de le faire. Leurs premières cibles sont les grandes puissances telles que les États-Unis qui persistent à subventionner l’industrie agricole et d’autres secteurs de leur économie : non seulement ces pratiques vont à l’encontre des traités internationaux comme celui de l’ALENA ou de l’OMC, mais elles font ainsi une concurrence déloyale aux pays en voie de développement. Comment ceux-ci peuvent-ils concurrencer l’industrie agricole des nations industrialisées? Et comment peut-on toujours appeler cela de la libre concurrence?
Malgré quelques visées progressistes, cet essai n’a rien d’un brûlot anarchiste. Selon les auteurs, le salut des pays en développement passe par la libéralisation du commerce. Ne reste qu’à mieux encadrer celle-ci, notamment en accordant à tous les pays membres de l’OMC un statut égal. Mais comment encadrer progressivement la libéralisation du commerce des pays en voie de développement alors que le commerce des pays industrialisés fonctionne à plein régime? Stiglitz et Charlton proposent un début de réponse : exiger une libéralisation à vitesses multiples, où les pays plus riches seraient obligés d’ouvrir leurs marchés aux plus pauvres, pendant que ces derniers auraient la possibilité de protéger leurs industries naissantes.
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Certaines thèses du bouquin détonnent dans le consensus néolibéral sur lequel semblent s’appuyer les économistes. Par exemple, les auteurs remettent en question les concessions fiscales pour les entreprises étrangères voulant s’installer dans certains pays en voie de développement.
Un livre ambitieux, mais réaliste. Les solutions proposées pour réduire l’écart entre pays riches et pays pauvres, sans transformer les rapports de force entre eux, méritent une attention particulière de la part des décideurs des grandes puissances. Reste à savoir si ceux-ci se donneront la peine d’écouter.
(Paris, Fayard, 2007, 420 p.)