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Une idée toute simple : profiter de l’état post-apocalyptique des lieux d’une tragédie pour ériger un nouveau système économique. Tirer profit de l’urgence de reconstruire à la suite d’une catastrophe naturelle (ouragan, tsunami) pour permettre à des entreprises de récolter des contrats lucratifs.
Mais si les catastrophes naturelles ne se pointent guère, il faut les provoquer. Par des guerres ou des sanctions économiques dont le but est de privatiser les services d’État dans les pays touchés et de les mener à l’apothéose du libre-marché.
Cette théorie a été avancée au cours des années 1950 par des économistes issus de l’université de Chicago. Tous émules de Milton Friedman, ils ont conseillé Pinochet au Chili, Eltsine en Russie. Ils ont également sévi en Pologne, en Bolivie, en Indonésie, pour ne nommer que ces pays.
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Naomi Klein, auteure du désormais célèbre No Logo, dénonce ces manœuvres dans son dernier essai. Elle y démontre habilement l’analogie entre la reconstruction des esprits à l’aide d’électrochocs dans les années 1950 et l’instauration des économies de marché dans des zones touchées par des drames. Les séquelles sont nombreuses : hyperinflation, hausse du taux de chômage, accroissement de la pauvreté.
Parallèlement, les pétrolières récupèrent la manne laissée par la désorganisation politique de l’Irak et les entreprises de sécurité profitent de la panique post-11 septembre pour prospérer. Et les guerres ne font plus qu’enrichir les marchands d’armes. Les multinationales occidentales rêvent d’installer leur ribambelle de Starbucks, McDo et autres Wal-Mart dans les nouvelles contrées du libre-marché de la catastrophe. C’est déjà le cas à Moscou et à Bagdad…
(Random House, Toronto, 2007, 662 p.)