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Lectures - Société

La vie (presque) sans pétrole

Jérôme Bonaldi

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Par Anick Perreault-Labelle, journaliste indépendante


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 10 nov 2007


Si le prix du pétrole continue de monter, tous les consommateurs en subiront les conséquences, qu’ils soient automobilistes ou pas! En effet, le coût de presque tous les biens dépend de celui de l’or noir. C’est grâce à ce précieux liquide que fonctionne la quasi-totalité des usines et des équipements agricoles et qu’on achemine les biens de consommation vers les magasins.

Or, le pétrole est en forte demande et se raréfie. Sa valeur ne peut donc que grimper. Certains économistes parient qu’il atteindra 380 $ le baril en 2015, comparativement à 70 $ aujourd’hui! Le journaliste français Jérôme Bonaldi se demande donc comment vivront alors les Français et, par extension, l’ensemble des Occidentaux.

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Selon lui, les énergies alternatives ne pourront pas remplacer complètement le pétrole. Par exemple, si les agriculteurs français cultivent du colza ou du maïs à grande échelle pour produire des biocarburants, ils n’auront plus assez d’espace pour la production de blé nécessaire à l’alimentation humaine. L’hydrogène? Sa production exige beaucoup de gaz naturel – et le prix de ce dernier risque de suivre celui du pétrole! Face à la pénurie énergétique, l’uranium nécessaire aux centrales nucléaires risque lui aussi de voir sa valeur augmenter. Même la verte hydroélectricité a besoin d’or noir pour creuser ses réservoirs ou fabriquer ses turbines… Selon l’auteur, dans une dizaine d’années, les Français n’auront donc pas le choix de vivre autrement.

Leurs voitures auront quasiment disparu de la circulation au profit des vélos… et des chevaux! Les produits locaux auront la cote et tout un chacun apprendra à réutiliser ses biens parce qu’acheter du neuf coûtera cher, puisque les usines fonctionneront avec une énergie hors de prix. Ce qui ne peut pas être recyclé sera incinéré par des PME pour faire tourner les manufactures et chauffer les maisons. L’agriculture, enfin, délaissera ses équipements motorisés et ses engrais chimiques pour devenir biologique. Bref, la vie (presque) sans pétrole ne serait pas nécessairement triste.

(Plon, Paris, 2007, 164 p.)


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