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«L’histoire que vous allez lire est vraie. Seul le nom des intervenants a été changé pour préserver l’identité des coupables.» Ainsi aurait pu débuter ce «récit-biographie» d’Annie Lalonde dont les événements s’apparentent à ceux d’un polar. S’agit-il d’un vol d’identité? Non! Un vol d’idée, celle du scénario de son premier film.
Il y a quelques années, alors qu’elle était encore à peaufiner son œuvre sur la réalité d’une jeune sidéenne, l’auteure apprend à la télévision qu’une actrice connue tourne un film portant sur le sida. Tiens, tiens…
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Quelques mois plus tard, elle voit le long-métrage et constate plusieurs similitudes entre son scénario et celui de «l’Antagoniste» (comme elle se plaît à le nommer, pour éviter d’éventuelles poursuites en diffamation). Hasard ou coïncidence, elle remarque au générique du film le nom d’un conseiller à qui elle avait elle-même fait appel pendant son processus d’écriture.
Le film n’est pas une copie conforme de son scénario, mais les ressemblances sont suffisantes pour l’empêcher de recevoir du financement, vu la proximité des sujets. Elle consulte des avocats, qui lui conseillent de ne pas intenter de poursuite pour ne pas miner ses chances de faire carrière dans le petit milieu du septième art québécois. Son scénario n’est jamais réalisé.
Parallèlement à cette saga à saveur de propriété intellectuelle, l’auteure aborde aussi les aléas de l’inspiration, de l’écriture, de la réécriture. De la nécessité de s’entêter à remettre cent fois sur le métier un ouvrage. Le récit captive et suscite beaucoup de questions. Qui est cet imposteur s’appropriant sans vergogne l’idée d’un autre? Les œuvres sont-elles vraiment semblables?
Malheureusement, le bouquin contient beaucoup d’erreurs orthographiques. Une meilleure révision linguistique lui aurait conféré davantage de crédibilité. Cela dit, pour la dénonciation du vide juridique entourant la propriété intellectuelle dont les jeunes créateurs font parfois les frais : mission accomplie.
(Éditions pour tous, Brossard, 2008, 296 p.)