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Malcolm Gladwell est un type brillant. Journaliste, cet auteur américain a le don de poser des questions dont les réponses semblent tomber sous le sens, mais qui pourtant servent d’échafaudages à de passionnantes observations sur le genre humain. C’est ce qu’il réussissait dans son essai précédent, «Le point de bascule» (The Tipping Point, Little, Brown and Company), qui bousculait les idées reçues sur le changement. Il récidive avec celui-là, qui propose au lecteur une façon de réfléchir... sans y penser. Ne vous y trompez pas, ce n’est pas de la psycho-pop.
L’auteur décortique la complexité des décisions instantanées, soit celles qui conduisent certaines personnes à faire les choix qui s’imposent sans qu’elles puissent expliquer pourquoi. Nous utilisons tous la méthode du «balayage superficiel» – grosso modo, la première impression, ou l’opinion fondée sur l’intuition –, et l’auteur démontre que la compréhension immédiate d’une situation est souvent la meilleure. Alors que les analyses coûts-bénéfices guident la majorité des décisions prises ici-bas (même le choix d’un partenaire amoureux!), voilà un propos qui détonne. Sauf qu’apprendre à penser de façon simple et rapide n’implique pas de se fier uniquement à son instinct, dit Gladwell. Il nous montre aussi à s’en méfier, de façon à atteindre un équilibre entre la raison et l’intuition. Fascinant, rien de moins.
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(Pour la traduction française : Montréal, Les Éditions Transcontinental, 2005, 254 pages.)