À 16 ans, Annie Ouellet était passionnée d’arts et lettres. Une rencontre avec la conseillère d’orientation de son école l’aiguillera toutefois dans la mauvaise direction.

«Dans les années 1980, les jeunes qui choisissaient des carrières marginales se faisaient taxer de pelleteux de nuages», se rappelle Annie. Plutôt que de poursuivre son rêve, elle opte pour une formation universitaire en administration. Elle espère ainsi obtenir un travail «sérieux» et être auteure à temps partiel.
Annie devient conseillère en services aux entreprises pour une caisse, puis directrice de comptes dans une banque. En parallèle, sa carrière d’écrivaine n’avance pas. «Mon travail me siphonnait toute mon énergie», se souvient-elle. Annie s’inscrit à des cours de soir en philosophie dans l’espoir de devenir enseignante. Cette carrière, croit-elle, lui laissera du temps pour l’écriture. Toutefois, son enthousiasme résiste mal à son retour aux études. Déboussolée, elle décide de quitter son emploi et ses études pour partir en voyage.
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À son retour, Annie décide de vivre pleinement son rêve. «Fini les détours!» se dit-elle. Elle pose sa candidature comme directrice de production dans une maison d’édition. «Je l’ai fait, même si je ne possédais ni l’expérience ni les compétences requises.» Son parcours plaît cependant à l’éditeur qui lui propose plutôt le poste d’adjointe à la production et à la promotion. Annie saute sur l’occasion. Quatre ans plus tard, elle devient directrice littéraire et commence à accompagner les auteurs dans la création de leurs œuvres.
En 2007, la maison d’édition Glénat Québec l’engage pour dynamiser le milieu de la bande dessinée québécoise. Depuis, Annie publie des talents d’ici ayant un potentiel pour le marché européen. «Je n’ai pas réussi à échapper à ma personnalité!» conclut-elle.