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Temps libre
Escapades hivernales

Suer sous zéro

L’hiver québécois, c’est pas que pour les Français! En motoneige, en skis ou en patins, il y a bien des manières de découvrir le Québec sous zéro. Nous nous sommes creusé les méninges pour vous faire sortir des sentiers battus. Allez ouste! dehors!

par Jean-François Coulombe


Magazine Jobboom
Vol. 5 no. 10 novembre 2004


Motoneige

Magie blanche

Les gens de la Basse-Côte-Nord vous le diront, l’hiver est la plus attendue des saisons. La Route 138 s’arrêtant à Natashquan, la région est pratiquement isolée en été, mais l’hiver, les cours d’eau gèlent, des ponts de glace prennent forme et le long du fleuve, la route blanche renaît, permettant aux habitants de sortir de leur isolement. La route blanche, c’est 500 km de sentiers de motoneige balisés, reliant les villages situés entre Natashquan et Blanc-Sablon.

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L’hiver, c’est la façon la plus exotique et la plus économique de visiter ce coin peu connu de la Belle Province. C’est aussi l’occasion de rouler en motoneige jusqu’à Harrington Harbour, alias Sainte-Marie-La-Mauderne, lieu de tournage du film La grande séduction. Le reste de l’année, ce village de 300 habitants unilingues anglophones, situé dans un archipel de roches et construit sur pilotis, n’est habituellement accessible que par avion ou par bateau... à grands frais.

Si vous disposez de votre propre motoneige, vous n’avez qu’à vous rendre au bout de la route asphaltée, à Natashquan, là où commence la route blanche. Sinon, vous pouvez louer facilement ce genre de véhicule à Sept-Îles. Dans tous les cas, munissez-vous d’une bonne carte et soyez prévoyant, car les distances sont grandes entre les points de services.

Escalade de glace

Sensations fortes

Si vous voulez goûter au sport extrême, pourquoi ne pas vous initier à l’escalade de glace? Étonnamment, escalader une paroi glacée est moins technique et moins difficile qu’escalader une roche. Pas besoin d’en savoir long sur la biomécanique pour être capable de grimper : il suffit d’user d’imagination, de créativité et de disposer d’un minimum de force physique. La région de Québec regorge de sites exceptionnels pour s’initier à ce sport de haute voltige. Les chutes Montmorency offrent assurément un des panoramas les plus extraordinaires : lorsqu’elles sont gelées, les cascades permettent à des dizaines de grimpeurs de s’activer en même temps. Également, depuis sept ans maintenant, le village de Pont-Rouge, près de la capitale, est l’hôte du Festiglace, où se donnent rendez-vous les meilleurs grimpeurs du monde ainsi que de 3 000 à 4 000 amateurs. L’occasion rêvée pour s’initier en regardant l’élite manœuvrer. Toujours dans la région de Québec, le parc de la rivière Jacques-Cartier dispose de plusieurs parois glacées qui ne demandent qu’à être conquises. Si vous ne savez où aller et par où commencer, l’entreprise Aventures Terre Sauvage propose des forfaits d’initiation d’une journée. L’aventure coûte 84,95 $ plus taxes et comprend tout l’équipement nécessaire.

Patin

Forêt enchantée

Le secret le mieux gardé des patineurs amateurs se trouve à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, en Mauricie. Il s’agit du Domaine de la forêt perdue, un labyrinthe de glace d’une longueur de 10 km (le plus gros labyrinthe du monde) aménagé dans une pinède. Un véritable sentier gelé qui n’a rien à envier au canal Rideau à Ottawa, d’autant plus que les pins ajoutent au charme de l’endroit tout en tenant le vent à l’écart. Une «Zambinette» (le petit de la Zamboni!) garantit la qualité de la glace en tout temps. Au soleil comme au clair de lune, vous aurez la chance de côtoyer les cerfs sika d’Australie ainsi que les daims qui habitent la pinède. Un arrêt à la cabane à sucre vous permettra de vous sustenter et de vous réchauffer. Il est possible de louer des patins sur place ainsi qu’un traîneau pour pousser les petites jambes fatiguées.

Ski hors-piste et raquette

Le summum des sommets

Parce qu’il compte sur 50 km de sentiers et huit refuges chauffés, le parc national des Monts-Valin, à 25 km au nord de Chicoutimi, est un paradis pour le ski hors-piste (hors des sentiers tracés) et la raquette de montagne. Encore peu connu, le dernier-né des parcs québécois (il a été inauguré en septembre 1996) se compose de sommets atteignant les 900 mètres, dont plusieurs offrent des points de vue sur le Saguenay et jusqu’au lac Saint-Jean par temps dégagé.

Si vous voulez embrasser les points de vue sans effort, un service de navette est mis à votre disposition moyennant une quarantaine de dollars pour l’aller-retour et une trentaine pour l’aller simple (deux départs en matinée et deux retours en fin d’après-midi, capacité maximale de 12 personnes, forfait familial offert). Fait amusant, vous vous baladerez dans une authentique auto-neige, à l’image des premiers prototypes d’Armand Bombardier. Ce même service est offert pour apporter vos bagages jusqu’à votre refuge si vous désirez passer quelques jours dans le parc.

Plusieurs forfaits existent, dont certains comprenant un séjour en igloo, mais réservez tôt car les places partent comme des petits pains chauds. Vous pourrez aussi louer des raquettes et des peaux de phoque sur place. Mais soyez avisé : la légende veut que certaines vallées soient hantées par des momies ou des fantômes...

Ski alpin et ski de fond

Massif en or

Vous préférez le ski alpin, alors que lui ou elle préfère le ski de fond? Oubliez les compromis et mettez le cap sur le Massif de Petite-Rivière-Saint-François, dans la superbe région de Charlevoix. Sans conteste la plus belle montagne du Québec, le Massif offre un panorama à couper le souffle sur le fleuve, l’île aux Coudres et l’arrière-pays de Charlevoix.

En skis alpins ou en planche à neige, vous aurez littéralement l’impression de descendre dans le fleuve en dévalant l’une des 36 pistes — pour tous les calibres — de ce mont qui dispose de la plus importante dénivellation à l’est des Rocheuses. Désormais équipé de quatre remontées mécaniques, le Massif offre bien davantage qu’à l’époque où on devait emprunter un autobus scolaire pour se rendre au sommet. Et là-haut, un tout nouveau chalet panoramique — accessible par route — permet d’admirer le paysage bien au chaud et même de commencer la journée par une descente plutôt qu’une remontée.

C’est sur cette même route — accessible depuis la 138 — que les fondeurs trouveront leur bonheur : le point de départ pour le sentier des Caps de Charlevoix. En skis de fond ou en raquettes, vous pourrez admirer des paysages grandioses pour une somme modique sur les 64,9 km de sentiers tracés au sommet du Massif, entre Petite-Rivière-Saint-François et Saint-Tite-des-Caps. Il est possible de passer la nuit dans d’authentiques refuges en bois rond construits le long du parcours. Les refuges sont chauffés, mais apportez votre tapis de sol en plus de votre sac de couchage, car vous pourriez devoir dormir par terre.

La région de Charlevoix étant aussi touristique l’hiver que l’été, ce n’est pas le choix qui manque quand vient le temps de dénicher un hébergement. Du refuge en bois rond au luxueux condo, toutes les bourses y trouveront leur compte.


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