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Pour la majorité d’entre nous, cette région est inaccessible. Qui peut se taper 1 000 kilomètres de routes dignes du désert afghan avec une petite berline?
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Sauf qu’il y a l’Abitibi, le train de Via Rail. Et quel train! Un vrai p’tit train du Nord qui, au départ de Montréal, passe par La Tuque avant de franchir, sur presque 500 kilomètres, ce pays de forêt boréale, d’immenses lacs, de rivières bouillonnantes, de villages étonnants d’originalité et de pourvoiries grand luxe. Entre tout ça, il n’y a rien, sinon la paix. Et tout au bout du parcours, la ville de Senneterre.
En route, vous traversez sur trois kilomètres le réservoir Blanc avec l’impression que le train flotte. Plus loin, à l’ouest du hameau de Clova, un panneau vous apprend que vous franchissez la ligne de partage des eaux. C’est ici que les océans Arctique et Atlantique se divisent le continent.
La particularité de ce train, c’est qu’il vous permet de descendre là où vous le voulez, qu’il y ait une gare ou non! Vous choisissez votre destination, selon le lac ou la rivière de rêve que vous aurez au préalable dénichés sur une carte topographique. Puis vous réservez votre place, au moins 24 heures à l’avance, en avertissant Via Rail de l’arrêt désiré. Pour reprendre le train au retour, soyez à l’heure juste et à l’endroit convenu très précisément, pour vous assurer que le chef mécanicien ne vous laisse pas derrière!
Ce qu’on vous propose ici, ce sont donc des vacances pour débrouillards. Dans ce coin, rien n’est organisé, sinon la cinquantaine de pourvoiries de chasse et de pêche accessibles le long du parcours ferroviaire. Pas de visites guidées, de musées de la patate ni de circuits touristiques pour «matantes». C’est à vous, avant de partir ou selon l’inspiration du moment, de créer votre propre programme : vélo de montagne dans les petits chemins forestiers abandonnés, escapade nautique dans l’une des pourvoiries, canot-camping au bout d’un lac et découverte de lieux inusités.
L’Abitibi vous mène aux sources de quelques-unes des plus belles rivières où l’on peut canoter au Québec (on apporte son embarcation à bord du train) : la Bazin, au départ de Parent, et la Gatineau, au sud de Clova.
Deux arrêts pittoresques méritent une descente. Clova, une bourgade d’une vingtaine d’habitants, avec ses gamins attikameks en VTT dans les rues de gravier et ses baraques d’anciens camps de prisonniers de guerre. Et Parent, métropole de cette cambrousse (400 habitants), site d’une ancienne base radar autrefois vouée à notre protection : elle devait détecter l’approche de missiles nucléaires soviétiques!
Pour plus d’information et pour réserver votre place à bord du train :
1 888 842-7245 ou www.viarail.ca/nostrains/fr_trai_queb_mose.html
(É. G.)