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«Sur le plancher, je n’ai pas le choix de mettre mes soucis professionnels de côté, sinon je danse tout croche!» — Pascal Côté
Et Geneviève Vincent en a bien besoin. «J’adore mon job, mais il est très prenant. On a souvent l’impression que les serveurs décrochent dès qu’ils quittent le restaurant où ils travaillent. Pourtant, il m’arrive de faire des journées de huit heures sans avoir le temps de manger ou de m’asseoir, et en plus, je rêve à mon travail la nuit venue!»
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Pour Annie Bélanger, l’évasion prend la forme d’un blogue sur la scène musicale montréalaise, intitulé Rock’n’Doudou, qu’elle tient avec sa sœur Catherine. Un hobby à la fois musical et littéraire auquel les deux jeunes femmes consacrent énormément de temps. «On voit jusqu’à cinq spectacles par semaine! On met en ligne des comptes rendus et des photos des performances auxquelles on assiste, en plus de faire des recommandations de groupes à écouter.» Le site enregistre quelque 1 500 visites par semaine.
Tel un complément à son emploi, bloguer permet à Annie Bélanger de laisser libre cours à sa créativité, ce qu’elle a peu l’occasion de faire comme responsable des promotions chez Couleur Jazz. «Au bureau, je passe ma journée à manipuler des tableaux Excel et à monter des présentations PowerPoint. Quand j’assiste à un show, je suis entourée de créativité. Les groupes que je vois sont souvent très inventifs et font beaucoup avec peu de moyens.» Et c’est sans doute ce qui l’inspire pour son blogue, où elle se livre à de nombreux exercices de style.
Jusqu’où pousse-t-elle le dada? «J’ai pensé quitter mon emploi pour me consacrer au blogue, avoue Annie Bélanger, et Catherine a annulé sa session universitaire l’été dernier parce que la période d’examens allait coïncider avec les FrancoFolies et elle ne voulait pas rater de spectacles!»
À ce rythme-là, bloguer va finir par prendre le dessus sur le boulot. Travailler pour décrocher de son hobby? Voilà qui donne un nouveau sens au concept de société des loisirs!
Fais-le pour toi
Entre les longues heures passées au bureau et les obligations personnelles ou familiales, les moments pour souffler sont rares. Ils sont pourtant nécessaires. «Pratiquer des activités à l’extérieur du bureau permet de se ressourcer, d’accroître son rendement au travail et d’avoir une vie personnelle épanouie», affirme Alex Vincent, coach en gestion chez André Filion et Associés, une firme de psychologie industrielle et de gestion de carrière.
«Si on est continuellement sous un feu roulant, le degré de stress demeure toujours élevé. Le corps ne peut soutenir longtemps une telle cadence sans impacts négatifs», ajoute-t-il. Un travailleur qui ne se donne pas les moyens de décompresser le soir ou les fins de semaine s’expose donc aux maladies et à l’épuisement.
Beaucoup ont de la difficulté à décrocher, avance Alex Vincent. «La technologie y est certainement pour quelque chose. Avant Internet et les cellulaires, personne n’était joignable à l’extérieur du bureau. Aujourd’hui, il faut beaucoup de discipline pour éteindre les gadgets et imposer ses limites.»
Il enjoint donc les travailleurs à quitter le bureau à l’heure prévue, à éteindre cellulaires et autres BlackBerry une fois rendus à la maison et à inscrire à leur horaire des activités pour se ressourcer. «Marcher, faire du yoga, s’asseoir dans la cour, peindre, jardiner, jouer aux cartes, souper avec des amis : l’important, c’est qu’on y prenne plaisir.» (C. F.-L.)