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Temps libre
Voyager comme à 20 ans

Paqueter ses petits

Entre le boulot, l’arrivée du petit dernier et les obligations qui s’accumulent aussi vite que la poussière, on finit par laisser tomber les voyages qui ont si bien formé notre jeunesse. Mais il n’est pas trop tard pour repartir à l’aventure.

par Hélène Lefranc


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 3 Mars 2007


Annie Gilbert, directrice adjointe des librairies chez l’éditeur québécois Ulysse, côtoie toutes sortes de voyageurs. Car contrairement à l’idée reçue, la clientèle des backpackers ne se résume pas aux 18-35 ans. «Des travailleurs, et même des retraités, voyagent avec un sac à dos. Certains ont arrêté de bourlinguer au début de leur vie professionnelle, puis l’envie de partir revient. Ils programment un périple à vélo en famille ou laissent les enfants aux grands-parents pour s’évader en amoureux. Chez les célibataires, les hommes partent seuls, alors que les femmes voyagent souvent accompagnées d’amis.» À condition de trouver des partenaires disposant d’un budget semblable, intéressés par la même destination et supportables en toute circonstance.

À 20 ans, on part souvent décontracté, un billet d’avion en poche, inconscient ou assumant d’avance les bonnes et mauvaises surprises qui nous attendront à la descente de l’avion. Mais quand la carrière va tambour battant, le temps dont on dispose pour faire du tourisme se fait plus rare et il n’est plus question d’en perdre. L’organisation devient alors la règle d’or, soutient Annie Gilbert. «On perd vite une journée à chercher des activités à faire dans un lieu qu’on ne connaît pas. Être préparé et transporter un guide de voyage actualisé permet d’économiser du temps et de l’argent.»

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Sans compter que de longs préparatifs prolongent les plaisirs du voyage. Âgée de 45 ans, Luce Champoux a visité notamment Bali, le Kenya et la Tanzanie. Cette costumière à la télévision programme au moins un grand voyage de trois à six semaines par an. Elle se jette dans le bain deux mois avant le départ. «J’ai toujours aimé m’informer sur le pays où je vais : je lis et je pose des questions à mes relations qui le connaissent.»

Maintenant qu’elle a deux enfants âgés de 5 et 11 ans – qui la suivent depuis l’âge de 1 an –, Pascale Guéricolas, journaliste pigiste de 39 ans, planifie aussi davantage ses périples, que ce soit en Turquie, en Pologne ou en Égypte. «À 20 ans, avec mon compagnon, on prenait un vol et on se débrouillait sur place. Avec les enfants, je m’assure d’avoir deux ou trois endroits où dormir durant le séjour.»

Il faut dire que les communications ont beaucoup évolué. «À l’époque, il était difficile de contacter des hôteliers en Europe de l’Est», rappelle-t-elle. Aujourd’hui, 35 % des Québécois utilisent Internet pour planifier leurs vacances, rapporte le Réseau de veille en tourisme de l’UQAM. Les forums de discussion sont très prisés. «Je bâtis souvent mon itinéraire grâce à ces forums, dit la mère de famille. On trouve toujours quelqu’un qui est allé où l’on va.»

«Les petits détestent aller vite et changer d’endroit. On essaie de rester trois nuits dans un lieu pour qu’ils puissent avoir des repères.»
— Pascale Guéricolas

Se faire la malle

Le bagage doit être bien préparé. Le sac à dos sera de qualité et adapté à votre morphologie. En matière de poids et d’ergonomie, beaucoup de progrès a été réalisé depuis vos 20 ans. Alors, autant en profiter. Et tant pis s’il faut y mettre le prix (jusqu’à 350 $ pour les meilleurs)!

Le poids qu’on peut transporter dépend de chacun. Marcher avec le sac bien rempli est une bonne façon de vérifier sa capacité à le porter. Pour voyager léger, on se contente d’apporter quelques vêtements passe-partout qu’on lavera souvent sur place.

En route, il est important de ne pas se charger de souvenirs : si vous tenez mordicus à la réplique de la pyramide de Khéops, autant vous l'envoyer par la poste. Malgré tout, il ne pas faut oublier la trousse de premiers soins… et le toutou du petit dernier. Au final, chacun sa méthode pour réduire son bagage. «J’utilise un petit sac à dos. Il est plein à craquer, mais je sais que c’est ma limite», ajoute Luce Champoux. Lors de ses derniers voyages, en Inde et en Afrique, elle n’avait rien dans la soute à bagages. Qui dit mieux?

La paix d’un gîte

Le camping est un pensez-y bien, car il impose de traîner un lourd attirail, selon l’expérience de nos voyageurs. À l’exception des randonnées avec porteurs. Et oubliez la nuit à la belle étoile : vous n’avez plus la même résistance à la fatigue et vos lombaires endolories gâcheraient la journée du lendemain. Il existe d’autres façons de se loger à bon marché, à commencer par l’auberge de jeunesse qui, malgré son nom, n’impose aucune limite d’âge et offre des lits en dortoirs, mais aussi des chambres pour couples ou familles.

Les petits hôtels de type familial sont aussi une avenue intéressante. «Il y a partout des petites pensions, note Bernadette Thibodeau, infirmière de 37 ans et mère de deux fillettes de 6 et 8 ans. Au Mexique et au Guatemala, sans réservations, nous avons toujours trouvé à nous loger dans ce type d’établissements. S’il n’y a pas de place, les propriétaires nous envoient chez la tante ou la grand-mère.»

Gîte, ferme-auberge (parfait avec des enfants), hébergement chez des amis, échange de maisons, chambre chez l’habitant au moyen du réseau CouchSurfing, les possibilités sont variées. Peu importe le choix, la réservation de l’hébergement pour la première nuit évite certaines angoisses.


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