Une image plus nette que celle d’un film en DVD, un son cristallin et enveloppant… En haute définition, nos téléromans ne seront pas plus intéressants. Par contre, ils auront de la gueule. Encore faut-il être équipé pour veiller tard.

Dominic Cabana a récemment acheté un téléviseur haute définition de 34 pouces. Une belle bête de 900 $. «Ma télé a rendu l’âme. J’ai failli acheter un téléviseur ordinaire, mais le large écran d’un téléviseur HD m’attirait. Et comme je suis un amateur de films en DVD, j’ai vu là un gros avantage.»
Ce programmeur de 35 ans fait partie des nombreux Canadiens à migrer vers la télévision haute définition. Alors qu’à peine 10 % des foyers l’avaient choisie en 2006, Radio-Canada estime qu’ils passeront à 52 % d’ici à 2010.
Satisfait de son achat, Dominic Cabana avoue cependant avoir été influencé par l’enthousiasme du vendeur. «Il m’a convaincu que la haute définition deviendrait courante dans les prochaines années et m’a dit que si j’achetais une télé ordinaire, je devrais bientôt avoir un décodeur. Ça m’a inquiété…»
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Faut-il donc se convertir à tout prix à la HD?
C’est donc dire qu’il ne sera alors plus possible d’écouter Virginie avec un téléviseur non câblé muni d’une simple antenne «oreilles de lapin». «Sans téléviseur numérique, un décodeur sera nécessaire pour transformer le signal numérique en signal analogique. Il permettra aux gens de conserver leur téléviseur conventionnel», dit André Vincent, gestionnaire au Centre de recherches sur les communications du Canada (CRC). Mais selon toute vraisemblance, la plupart des Canadiens auront fait la transition vers le numérique en 2011, soutient Denis Carmel, porte-parole du CRTC.
Pour le téléspectateur, le principal avantage de passer de l’analogique au numérique est la possibilité d’avoir ensuite accès à la télévision haute définition (TVHD). «Deux transitions ont lieu en ce moment : celle vers le format numérique et celle vers la télévision haute définition», explique André Vincent. Or, si le passage au numérique deviendra obligatoire, devenir accro de la TVHD ne l’est pas. Ainsi, il sera aussi possible demain de regarder la télé avec un appareil ordinaire que de visionner aujourd’hui son émission favorite avec un appareil en noir et blanc… Seulement, ce serait louper la «révolution» visuelle de la haute définition.
Portée par le numérique, la TVHD offre une définition de l’image cinq fois supérieure. Elle permet de diffuser un son ambiophonique, aussi appelé 5.1, qui nécessite l’installation de cinq haut-parleurs en plus d’un caisson de basse. Résultat : un son enveloppant qui plonge le téléspectateur au cœur de l’action.
Pour emporter
Alors que la TVHD voit grand question écran, paradoxalement, l’avenir est aussi au mini. Bulletins météo, vidéoclips, manchettes sportives et films populaires se visionnent désormais sur téléphones cellulaires et baladeurs vidéo. C’est la télé à emporter! Et ce n’est qu’un des multiples visages de la télévision de demain, car la télévision se case aussi dans Internet. Selon le dernier rapport annuel du CRTC, 53 % des internautes canadiens de 18 à 34 ans y consomment de la vidéo et 14 % y regardent des émissions de télé. Des chaînes proposent des bulletins de nouvelles et des émissions d’information en ligne. Et les grands réseaux américains permettent aux internautes d’y visionner leurs séries les plus populaires.
La webtélé se déplace aussi au salon. Grâce à des «diffuseurs multimédias» (digital media receivers), tels que l’Apple TV, il est possible de visionner sur un téléviseur du contenu vidéo (ou audio) stocké dans un ordinateur. À l’heure actuelle, les utilisateurs américains d’Apple TV ont accès à un répertoire de plus de 5 000 vidéoclips, 350 émissions de télévision et 500 films. Au Canada, les films et les émissions télévisées ne sont pas encore offerts. Des questions de droits d’auteurs doivent être réglées.