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Design d’éclairage

Le génie de la lampe

Il y a 40 ans, s’éclairer n’était pas bien sorcier : une ampoule de 100 watts vissée au plafond, et ça y était! Depuis, l’aménagement de la maison s’est raffiné et nous avons multiplié les luminaires de la cave au grenier. Mais est-ce un gage d’éclairage de qualité?

par Marie-Noëlle Guillemette


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 3 Mars 2008


Une lampe n’est pas un bibelot. Elle existe d’abord pour une chose : éclairer! Malheureusement, de nombreux consommateurs ignorent cette vérité toute simple. «Beaucoup de gens achètent une lampe seulement parce qu’ils la trouvent belle», déplore le designer d’intérieur Yvon Laplante.

Avec 25 ans de métier derrière lui, il a développé une stratégie infaillible pour le choix d’un système d’éclairage au-delà de sa seule esthétique : allumer en magasin le luminaire convoité avant de décider de l’acheter, afin de connaître la qualité de son éclairage.


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Pour Tiiu Poldma, professeure à l’École de design industriel de l’Université de Montréal et directrice du Groupe de recherche en illumination et design (GRID), un éclairage de qualité influence non seulement l’apparence d’une pièce, mais aussi la qualité de vie. «Il y a longtemps, l’éclairage n’était qu’une question d’utilité. Aujourd’hui, c’est une affaire d’ambiance. Et demain, on le jugera aussi à ses effets sur la santé», estime-t-elle.

Il est vrai que les effets d’un bel environnement lumineux sur le corps humain demeurent mal connus du grand public. D’après le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, 85 % des informations que nous rece-vons passent par la vue. Alors, selon l’organisme, un bon éclairage réduit la fatigue oculaire et, donc, les maux de tête.

Selon les résultats d’une recherche menée pour le ministère de l’Éducation de l’Alberta dans les années 1990, la qualité de l’éclairage dans les salles de classe influence même le rendement scolaire. Les élèves dont la classe recevait un éclairage se rapprochant de la lumière naturelle, avec l’aide d’am-poules halogènes et de néons, ont appris plus vite et ont obtenu de meilleurs résultats scolaires que d’autres, sim-plement éclairés par la bonne vieille ampoule à incandescence.

Pour Anthony Levitt, chercheur à l’Université de Toronto, qui étudie les troubles affectifs saisonniers, négliger les effets de la lumière et de sa qualité sur l’organisme humain et sur l’humeur peut mener à des troubles de santé. «La lumière a un impact direct sur notre horloge biologique.

Elle régule l’éveil et le sommeil, les rythmes hormonaux, la pression sanguine, le pouls, etc. Sans oublier qu’elle permet à la peau de synthétiser la vitamine D, indispensable à la santé.» Ses études, notamment, démontrent qu’un éclairage de qualité peut aider à combattre le stress, la fatigue et même la dépression saisonnière liée aux blues de l’hiver dont souffrirait 20 % de la population québécoise.

Premier degré

La qualité de l’éclairage se calcule en Kelvin (K). Un faible Kelvin donne une lumière chaude (ou jaune). À l’inverse, plus il est élevé, plus la lumière est froide (ou blanche).

La lumière naturelle, qualifiée de froide, frôle les 10 000 K par ciel clair. Elle est imbattable quant à ses bienfaits sur la santé. Bonne raison pour lui faire autant de place que possible, conseille Marie-Chantal Villeneuve, designer d’intérieur et directrice des projets spéciaux pour le Salon international du design d’intérieur de Montréal.

«J’insiste le plus possible sur la lumière naturelle quand j’élabore le design d’une pièce, raconte-t-elle. Et quand elle s’épuise, comme le soir ou l’hiver, alors je me permets de tricher!»

La triche, c’est l’éclairage artificiel. Plus celui-ci se rapproche de la lumière naturelle, plus le corps en ressent les bienfaits. À cet effet, l’halogène a longtemps remporté la palme avec ses 3 200 K. «Quand l’halogène est arrivé sur le marché dans les années 1980, on a tous voulu l’utiliser parce que c’était le premier éclairage artificiel à se rapprocher autant de la lumière naturelle», se rappelle Tiiu Poldma.

Aujourd’hui, l’ampoule fluocompacte, cette spirale inspirée des néons commerciaux dont Hydro-Québec ne cesse de vanter les vertus énergétiques, peut présenter une mesure de 6 500 K… à condition de choisir la bonne! Car généralement, celle utilisée à la maison avoisine les 3 000 K. Les consommateurs les préfèrent pour leur lumière tamisée.

Même chose pour les tubes fluorescents qui, depuis quelques années, se sont raffinés et reviennent à la mode. Enfin, l’ampoule classique arrive en queue de peloton avec ses maigres 2 700 K.



À la pièce

Quelques trucs en rafale pour éclairer les aires principales.

Cuisine
Pièce technique, donc bien éclairer les zones de travail (comptoir, îlot, évier) à l’aide de rails ou de spots, au moyen d’halogènes ou de tubes fluorescents. Prévoir aussi un plafonnier pour un éclairage général de la pièce.

Salle à manger
Pour un climat chaleureux et propice à la communication, un gradateur est tout indiqué pour la suspension au-dessus de la table, ni trop haute ni trop basse, à environ 1,7 mètre du sol. Des lampes disposées sur le buffet peuvent assurer un éclairage de fond.

Salon
Ici, trois types de lampes. Le lampadaire ou le plafonnier assurent l’éclairage général, la lampe de table crée une ambiance chaleureuse et la lampe de lecture est utilisée pour… la lecture. Pour les tableaux, spots à l’halogène.

Chambre à coucher
Pièce intime, donc gare aux éclairages puissants. L’éclairage général est tamisé, l’éclairage fonctionnel – pour la lecture – est assuré par des appliques ou des lampes de chevet. Une ou deux lampes d’ambiance peuvent s’ajouter.

Salle de bain
À moins de vouloir se torturer, les fluorescents classiques, qui donnent un teint verdâtre, sont à éviter! Les projecteurs halogènes ou à incandescence avantagent s’ils sont placés de chaque côté du miroir, avec les ampoules dirigées vers vous. Pas d’éclairage au-dessus du miroir, sinon, cernes assurés. Pour l’éclairage général, un gradateur est apprécié à l’heure du bain.

Corridors et escaliers
Un éclairage général fait l’affaire, pour autant qu’il souligne le relief des marches, question de ne pas arriver en bas plus vite que prévu!


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