Contracter une première hypothèque provoquerait le même stress qu’un accident de la route, un congédiement ou… un mariage! Bonjour l’angoisse! Pour aborder cette étape de la vie le plus sereinement possible, voici un guide d’achat en sept étapes… pas nécessairement faciles.

Étape 1
L’objectif lors de l’achat d’une première maison est d’accéder à la propriété dans le bonheur et l’enthousiasme, pas d’y laisser sa chemise dans la déchéance et la tristesse! Alors, pour éviter de se retrouver nu à la rue pour un coup de cœur surévalué, il faut dresser un budget. Une règle d’or veut qu’un maximum de 32 % du revenu brut d’un ménage devrait être consacré aux frais reliés à l’habitation (hypothèque, taxes, charges de copropriété, coûts de chauffage, etc.). Au total, jamais plus de 40 % du revenu ne devrait être consacré au remboursement de l’ensemble des dettes (cartes de crédit, location d’auto, prêts personnels) et des frais d’habitation.
Aussi, l’achat d’une maison nécessite un capital de départ. «Avec un prêt hypothécaire ordinaire, la mise de fonds correspond généralement à 20 % du prix d’achat de la propriété», dit Josée Bernaquez, conseillère en finances personnelles à la Caisse populaire Desjardins Mercier-Rosemont. Toutefois, la mise de fonds peut être inférieure si le prêt est assuré par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) ou des sociétés financières spécialisées dans ce genre d’opérations, rappelle Robert Fortin, agent hypothécaire chez Multi-Prêts. La mise de fonds peut être alors de 5 % seulement.
De l’avis de Josée Bernaquez, «il faut aussi prévoir de 3 000 $ à 5 000 $ pour couvrir l’évaluation, l’inspection de la propriété, les droits de mutation immobilière [«taxe de bienvenue»], l’assurance habitation, les frais de notaire, l’impôt foncier, etc.». Sans compter les dépenses reliées au déménagement, aux rénovations ou aux réparations. Au total, donc, pour une maison dont le prix de vente est de 175 000 $, un premier acheteur doit pouvoir puiser au moins une dizaine de milliers de dollars dans ses économies ou ses REER avant de procéder.
Bon tuyau
La plupart des institutions financières ont des simulateurs de calculs dans leur site Web pour vous aider à déterminer votre budget.
Vice caché
Surévaluer son budget et se retrouver à utiliser une trop grande part de ses revenus pour payer la maison. Pour maintenir une qualité de vie, Josée Bernaquez conseille d’être conservateur dans ses calculs : 28 % du revenu brut aux frais reliés à l’habitation; 35 % au remboursement total des dettes.
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Étape 2
De nombreux établissements accordent des prêts hypothécaires, notamment les banques, les sociétés de fiducie, les coopératives d’épargne et de crédit, les caisses populaires, les compagnies d’assurance et les sociétés de financement.
«Avant de chercher une maison, vous devriez obtenir une préautorisation hypothécaire, une évaluation qui permet de connaître le montant de financement maximum auquel vous avez droit», exhorte Robert Fortin. Celle-ci garantit un taux d’intérêt pour une période de 90 jours à 6 mois, précise-t-il. Elle protège donc d’une hausse des taux d’intérêt pendant la durée des recherches, mais permet aussi de bénéficier d’une baisse s’il y a lieu. À noter : en plus de faciliter les négociations avec le vendeur, cette mesure accélère l’attribution du prêt lors de l’acceptation de la promesse d’achat.
Bon tuyau
Les taux d’intérêt varient selon les institutions financières. La SCHL suggère de discuter avec plus d’un prêteur avant d’arrêter votre choix, voire de retenir les services d’un courtier en prêts hypothécaires.
Vice caché
«Plusieurs acheteurs visitent des maisons et font une offre d’achat sans savoir si une institution financière est prête à les épauler et pour quel montant», remarque Yvon Poirier, courtier agréé et fondateur du Réseau des courtiers immobiliers indépendants du Québec. Résultat : ils perdent leur temps à visiter des maisons au-dessus de leurs moyens aux yeux des institutions financières.
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