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Au même titre que la pêche sous la glace, la cabane à sucre et l’élimination des Bruins de Boston, l’épluchette de blé d’Inde est l’une des coutumes québécoises les plus appréciées. Petit traité d’épluchettologie, pour tout savoir sur cette tradition et son organisation.

Quelques informations de base à l’intention des nouveaux arrivants ou de ceux qui auraient passé leur vie dans une grotte.
• Croyant à tort être arrivés en Inde, les premiers explorateurs européens en Amérique ont nommé cette plante originaire d’Amérique centrale blé d’Inde, une appellation qui est restée.
• L’appellation «épluchette» de blé d’Inde, elle, vient du fait que les feuilles qui entourent un épi et les «filaments» sous celles-ci (l’inflorescence femelle) doivent être enlevés avant d’apprêter le légume.
• Le maïs est habituellement mangé à même l’épi, avec un peu de sel et de beurre. Quelques bouchées suffisent pour se beurrer les mains et le tour de la bouche ainsi que pour se coincer quelques charmants grains entre les dents. Mieux vaut éviter d’en manger lors d’un rendez-vous galant ou quelques minutes avant une apparition télévisée.
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• La saison des épluchettes s’étend de la mi-août à la fin septembre. Le consommateur moyen commence à être franchement tanné de manger du blé d’Inde vers la mi-septembre.
• La poche d’épis de six douzaines se vend une trentaine de dollars chez le producteur, un prix qui varie légèrement d’une année à l’autre en fonction notamment des conditions météorologiques.
Au temps de la Nouvelle-France (et même auparavant, chez les Amérindiens), l’épluchette de blé d’Inde rassemblait à l’automne les hommes et les femmes de tous âges, soir après soir, dans les maisons d’un rang pour éplucher les récoltes annuelles de maïs.
Les monceaux de blés d’Inde étaient épluchés par les participants, qui prenaient soin de laisser quelques feuilles sur chaque épi pour pouvoir les suspendre afin de les faire sécher. Au cours de l’hiver, le maïs séché était utilisé dans de nombreuses recettes, comme la soupe aux pois, mais également pour nourrir les animaux de la ferme et parfois pour fumer le jambon. Les feuilles servaient à rembourrer les paillasses (sûrement très confortables!).
L’une des traditions les plus populaires de l’épluchette était celle de l’épi rouge, parfois appelé le blé d’Inde d’amour. Lorsqu’un éplucheur découvrait un rare épi rouge (il en poussait seulement un ou deux par hectare), il pouvait embrasser la personne de son choix.
Dans son livre Fêtes et corvées, publié en 1898, Pamphile Le May raconte que l’épi rouge devait servir en théorie une seule fois. Mais en pratique, il a déjà vu «un épi rouge dans une épluchette où tout le blé-d’inde (sic) était jaune (et) un épi rouge sortir vingt fois d’une enveloppe vingt fois improvisée». Les éplucheurs remballaient l’épi rouge dans le but évident de multiplier les baisers.
Une fois l’épluchage terminé, les plus beaux épis étaient bouillis pour rassasier les convives et la fête commençait, avec des reels de violons, des sets carrés et du caribou.
Que ce soit pour réunir la famille, revoir des amis de longue date ou honorer ses origines de coureur des bois, l’organisation d’une épluchette de blé d’Inde annuelle est un incontournable pour tout Québécois, d’origine canadienne-française de souche ou pas!
Mais l’organisation d’une épluchette réussie ne s’improvise pas. Un minimum de préparation est de rigueur.