Trouver un article

Parmi eux : Spencer Warren, qui bosse au service de distribution du magasin depuis 12 ans tout en rockant la kasbah de nuit au sein du quatuor Starvin Hungry. Si son employeur est aussi conciliant, c’est notamment parce qu’il honore ses engagements au magasin. «Lorsque c’est impossible d’enregistrer ou de faire de la tournée pendant mes congés habituels, j’utilise mes journées de vacances accumulées.»
Car pour que l’harmonie règne, le travail ne doit pas souffrir des activités musicales. «La personne qui mène deux carrières de front doit donner un bon rendement à son employeur, estime Sylvie Bérichon. Si un de nos employés poursuit d’autres activités professionnelles, nous l’aiderons, pourvu qu’il prenne son travail au bureau au sérieux.»
| Pub. |
Quant aux collègues, si certains peuvent être irrités des absences répétées des musiciens, d’autres s’en réjouissent. À CISM, la radio universitaire de l’Université de Montréal, quand l’auteur-compositeur-interprète Carl-Éric Hudon s’absente, les autres adjoints à la programmation sont contents. «Ils travaillent généralement une quinzaine d’heures par semaine, alors ils sont ravis d’en faire plus si Carl-Éric doit s’absenter pour ses concerts», explique Jules Hébert, directeur général de la station.
Bien qu’ils soient souvent maigres, les profits sur scène sont tout de même au rendez-vous… et surtout bienvenus. «À l’occasion, un show peut rembourser les frais de déplacement, une partie du local de répétition ou l’alcool qu’on boit après les spectacles», raconte Jonathan Fecteau. Mais c’est loin d’être suffisant pour couvrir les plus grosses dépenses comme le matériel (guitares, amplis, pédales, etc.) ou l’autoproduction d’un album.
La question demeure donc : si les bonzes de labels internationaux ne sont jamais dans la salle, s’il n’y a pas de Félix dans le local de répétition et si les activités du groupe coûtent plus qu’elles ne rapportent, pourquoi s’évertuer?
«C’est d’abord et avant tout une histoire d’amour, et tant que ce sera le cas, la musique fera partie de ma vie, estime Michèle Ouellette. Il n’y a rien comme la sensation de jouer avec tes gars et d’entendre un morceau parti d’une phrase ou deux et de quelques accords devenir tranquillement une chanson encore meilleure que tu pensais.»
Jonathan Fecteau entonne le même refrain. «J’ai toujours été un fan de musique et là j’ai un CD dans ma bibliothèque qu’on a fait nous-mêmes. C’est trippant!»
«Si l’occasion se présentait de vivre uniquement de la musique que j’aime, j’essaierais, c’est sûr, ajoute-t-il. Par contre, je ne laisserais jamais mes élèves pour aller jouer de la guitare dans un hommage à Foreigner ou Styx au Casino simplement parce que c’est payant.»
Le «job de jour» comme rempart de l’intégrité artistique? Pourquoi pas!
Mono/Stéréo : www.myspace.com/monostereo666
Michèle O : www.myspace.com/omichele
Starvin Hungry : www.myspace.com/starvinh
Carl-Éric Hudon : www.carlerichudon.ca
Les Francouvertes : www.francouvertes.com