Sur certains chantiers de travaux routiers, la technique dite du «contrôle actif» commence à porter fruit. L’automne dernier, Tony Leroux, de l’École d’audiologie et d’orthophonie de l’Université de Montréal, a tenté une expérience inédite au Canada : il a voilé les nuisances du chantier nocturne de la réfection du viaduc de la rue Sherbrooke, à Montréal, avec des haut-parleurs géants diffusant... des enregistrements de vagues!
Avant les travaux, la seule circulation automobile dans le viaduc produisait quelque 75 dB pendant la nuit. Mais le découpage du béton avec des jets d’eau, les ventilateurs industriels, les marteaux-piqueurs, les scies à béton et les alarmes de recul de la machinerie provoquaient des bruits intermittents — davantage agaçants pour l’oreille que le bruit continu — beaucoup plus tumultueux. «On s’est alors demandé comment rehausser le bruit continu à un niveau auquel les riverains sont habitués.»
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Après une série de tests, Tony Leroux a opté pour des bruits de vagues à 65 dB. Avec des résultats étonnants : seulement 20 % des riverains ont déclaré avoir des problèmes de sommeil contre 80 % avant le début de l’expérience.
Réglementé au décibel près par la CSST, le bruit dans certains milieux de travail est maîtrisé, mais le péril du tapage dans l’environnement reste entier. Devrait-on militer contre la pollution sonore? Réclamer davantage de silence? «Aujourd’hui, les gens qui sont intolérants au bruit se manifestent davantage qu’il y a dix ans», croit Chantal Laroche. Une excellente chose puisque les fabricants de produits bruyants font de moins en moins la sourde oreille aux doléances des collectivités : Bombardier fait d’ailleurs des efforts pour limiter le bruit de ses motomarines, souligne Tony Leroux.
Pour avoir la sainte paix, rien de tel que de protester. Le plus fort possible...
Mesurer le bruit
Le bruit est un son indésirable. Il n’est pas nécessairement synonyme d’énergie sonore : le plouc-plouc d’un robinet qui coule peut réveiller un individu que le ronron d’une autoroute n’empêche pas de dormir.
Le hertz (Hz) est la fréquence ou variation de pression produite par le son à chaque seconde. L’oreille humaine perçoit les fréquences entre 30 et 20 000 Hz environ. La fréquence de la parole vogue entre 100 et 6 000 Hz.
Le décibel (dB) exprime un volume du son sur une échelle logarithmique, l’intensité doublant tous les 3 dB. Autrement dit, un bruit de 93 dB est deux fois plus puissant qu’à 90 dB.
Le bruit perçu par l’oreille humaine, mesuré grâce à des instruments sophistiqués (sonomètre, dosimètre), s’exprime avec une pondération A dans le jargon (dBA). Celle-ci tient compte du peu de sensibilité de l’oreille aux fréquences extrêmement élevées et extrêmement basses.
Source : Organisation mondiale de la santé.