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«Comme les lofts sont généralement concentrés dans les quartiers centraux, ce type d’habitation n’attire pas les familles», ajoute Yannick Cousineau, promoteur immobilier chez Gestion Yaflo, une entreprise de Québec spécialisée dans la conversion de bâtiments recyclés. «Mais les baby-boomers, qui ont fini d’élever leurs enfants, commencent à s’y intéresser», observe-t-il.
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Courtier en valeurs mobilières chez BMO Nesbitt Burns, Serge Marin a acheté son loft en 2002. À l’époque, c’était essentiellement un bloc de béton, mais qui avait du cachet à revendre : mur de briques, colonnes de bois, poutres, fenêtres surdimensionnées et plafond cathédrale.
«Je l’ai acheté avec l’intention de le transformer à mon goût, dit-il. C’était néanmoins une décision risquée, car le quartier Saint-Roch était alors rock’n’roll. Toutefois, la Ville avait des plans de revitalisation, avec en prime une exonération de taxes de quatre ans.»
Un pari gagné. Aujourd’hui, Saint-Roch est in, se réjouit-il. Le quartier s’embourgeoise. Son loft a aussi pris du pif. Planchers en bois franc et en céramique. Foyer. Escalier et mezzanine à l’étage. Terrasse sur le toit. Les éléments architecturaux ont été conservés. La totale!
«Lorsqu’on y vit en couple, on n’a pas le choix de dire, par moments, qu’on ne veut pas être dérangé, ajoute Hélène. Sinon, il est facile de voir son espace vital envahi.» Quant à la visite du dimanche, elle ne fait pas toujours l’unanimité! Et dans les vieux lofts, le bain et la douche peuvent camper au milieu de l’aire ouverte, près d’une fenêtre. Bonjour l’intimité!
Quand on y travaille, la «cohabitation» avec les clients n’est pas de tout repos, déplore Marie-Claude Hamel. «Lorsqu’ils débarquent chez moi pour un shooting, ils sont dans mes bébelles, à côté de mon panier à linge sale et de mes sacs d’épicerie. C’est plutôt gênant!»
Certes, le loft ne convient pas à tous. Reste que les lofteurs n’échangeraient pas leur nid pour tout l’or du monde. Encore moins pour un soi-disant grand 5 1/2, éclairé, avec beaucoup de cachet…
Des règles et des baux
Maître chez lui, le lofteur? Une personne qui signe un bail résidentiel pour un loft a les mêmes droits et obligations que tout autre locataire, précise Jean-Pierre Leblanc, porte-parole de la Régie du logement du Québec. «Un bail peut être résidentiel, même si le locataire l’utilise aussi pour le travail. Toutefois, la surface utilisée à cette fin ne doit pas excéder le tiers de la superficie totale du logement.»
Si un loft est conformément utilisé à des fins résidentielles, mais que le bail signé est de nature commerciale, les droits du locataire sont quand même protégés, affirme-t-il. «Le locataire peut s’adresser à la Régie du logement du Québec en cas de mésentente avec son propriétaire : hausse de loyer déraisonnable, piètre état du logement, reprise de logement sans préavis. Si le logement est bel et bien résidentiel et que le locataire a gain de cause, le propriétaire devra se soumettre aux règles de la Régie.»
Un bémol toutefois : le loft doit être en règle. «Certains propriétaires contreviennent aux règlements d’urbanisme en louant des lofts résidentiels dans des zones à vocation commerciale», souligne Johanne Couture, chef de division – Permis et inspections de l’arrondissement du Sud-Ouest, à la Ville de Montréal. «Or, pour permettre l’habitation dans ces lofts, ils doivent faire une demande de modification de zonage et obtenir l’aval de leur arrondissement ou de leur municipalité.»
Elle ajoute que ce n’est pas toujours le propriétaire qui a tort. Il arrive que le propriétaire d’un loft situé dans une zone commerciale signe un bail commercial avec son locataire, quand ce dernier lui cache son intention d’y vivre.
Quel risque court le locataire qui fait dodo dans un loft illégal? Que sa Ville découvre le pot aux roses. Et l’évince de son logement, si la situation n’est pas régularisée. En cas de doute, avant de louer un loft, assurez-vous auprès de votre municipalité de pouvoir l’utiliser comme résidence personnelle.