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Le monde n’est pas à court d’innovations. Si certaines se révèlent des pétards mouillés (adieu les minidisques et la société des loisirs!), d’autres deviennent carrément in-dis-pen-sa-bles. Celles qui nous arrachent à chaque utilisation un «je sais ben pas comment on faisait avant!» En voici sept. Sept grandes idées dont on ne veut plus se passer.

Par Marie-Claude Élie Morin


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 9
octobre 2008


Les congés parentaux pour les pères et les travailleurs autonomes

Il aura fallu 10 ans de négos laborieuses entre Québec et Ottawa pour qu’aboutisse enfin le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), le 1er janvier 2006. Pour le plus grand bonheur des parents, le gouvernement québécois ne s’est pas contenté d’offrir sa version du programme fédéral, il l’a bonifié : un revenu maximal assurable plus élevé et des prestations plus généreuses, une couverture pour les travailleurs indépendants, et un congé de paternité de cinq semaines.

Selon le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, en 2006, 38 269 pères se sont prévalus du congé de paternité. En 2007, 49 851 papas ont profité du congé, et entre janvier et juin 2008, ils étaient 24 960 à avoir passé plus de temps avec leur poupon. Les congés chevauchent parfois deux années : il faudra attendre la fin de 2008 pour obtenir un portrait réel des congés en 2007.

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Depuis 2006, c’est aussi des milliers de travailleurs autonomes qui ont accès à des congés parentaux adaptés à leur réalité. «Chose certaine, le nouveau régime est l’un des plus généreux en Amérique du Nord. Sans être une mesure nataliste, je crois que c’est un incitatif de plus pour faire des enfants», dit Claude Morin, porte-parole du Ministère dans le dossier du RQAP. «À long terme, ces nouveaux congés familiaux vont augmenter le taux de natalité et améliorer la qualité de l’éducation des enfants québécois», juge Benoit Lévesque, professeur de sociologie spécialisé en transformations sociales à l’UQAM. Qui a dit baby-boom?

La Grande Bibliothèque

Montréal traversait une période économique difficile en 1996, quand Lise Bissonnette réclamait dans les pages du Devoir une très grande bibliothèque pour le Québec, à l’image de la Bibliothèque Nationale de France. Deux ans plus tard, Lucien Bouchard lançait officiellement le projet. «Le taux de chômage tournait autour de 14 %, le magasin Simpson’s était à l’abandon, Eaton faisait faillite», raconte l’urbaniste et chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. «Alors que l’état d’esprit général voulait que Montréal soit en train de mourir, le gouvernement a décidé de lancer un grand projet culturel.»

Le résultat du concours architectural ne fait pas l’unanimité, et les critiques se déchaînent lorsque les plaques de verre du revêtement se mettent à pleuvoir. Depuis l’ouverture au printemps 2005, Frédéric Metz, professeur à l’École de design de l’UQAM, n’en démord pas : l’extérieur de l’édifice est une catastrophe. Il reconnaît toutefois que la Grande Bibliothèque est très appréciée par la population.

«Les gens la fréquentent assidûment, et l’emprunt de DVD et de CD marche très fort», illustre-t-il. En effet, les usagers d’horizons très divers – étudiants, familles, retraités, nouveaux arrivants – y trouvent tous leur bonheur. Et pas seulement des Montréalais : grâce au prêt entre bibliothèques, les lecteurs de toute la province peuvent fureter dans le catalogue de l’établissement de la rue Berri.

Alors qu’on en prévoyait 3 000, c’est 9 000 personnes qui franchissent les portes de la Grande Bibliothèque tous les jours. On compte 1 000 nouveaux abonnés par semaine. Un succès qui ne se dément pas.

L’interdiction de fumer dans les bars et les restaurants

Au printemps 2006, les tenanciers de bars poussaient les hauts cris et prédisaient l’apocalypse. Bientôt, il ne serait plus possible d’en griller une en savourant une pinte de blonde au bar, ou après un repas entre amis au resto.

Le 31 mai 2006 – date d’entrée en vigueur des nouvelles dispositions de la Loi sur le tabac – est passé, et la catastrophe annoncée n’a jamais eu lieu. La Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec ne compile pas de statistiques sur le chiffre d’affaires de ses 2 000 membres.

L’organisme a tout de même noté une diminution de 17 % des profits liés aux loteries vidéo dans l’année qui a suivi l’entrée en vigueur de la Loi, ce qui révèle une baisse temporaire de fréquentation de certains établissements. «Cela dit, il n’y a pas eu plus de faillites cette année-là qu’au cours des années précédentes», assure Renaud Poulin, président de la Corporation. «Aujourd’hui, il y a même beaucoup de fumeurs qui sont d’accord avec la loi!» ajoute-t-il.

Outre les bénéfices pour la faune des bars et des restaurants, la loi anti-tabac a également eu des retombées positives pour la santé publique en général. Selon une étude commandée par la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, le nombre de fumeurs au Québec est passé de 1,5 million à 1,1 million entre le printemps 2006 et le printemps 2007. Le nombre de cigarettes fumées chaque jour par les Québécois aurait aussi diminué, passant de 21,7 millions à 16 millions en semaine et de 24,3 millions à 17,8 millions la fin de semaine.

Dire qu’hier encore il était impossible de rentrer d’une soirée sans empester le vieux cendrier...


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Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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