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Tendances
Le «450»

La grande séduction des banlieues

Les villes-dortoirs se réveillent! Autonome, jeune et prospère, la banlieue montréalaise grossit chaque année. L’emploi dans les couronnes nord et sud de Montréal a crû de 35 % en 10 ans. La crise économique risque toutefois de ralentir les ardeurs des maires aux idées de grandeur.

par Simon Coutu


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 3
mars 2009


Lorsqu’il parle de sa ville, le maire de Brossard, Jean-Marc Pelletier, voit grand. Il voyage jusqu’en Chine pour convaincre les milieux d’affaires d’investir dans sa municipalité de la Rive-Sud. «Je leur dis qu’avec les grands axes de circulation, ils sont à 10 minutes du centre-ville de Montréal, à 6 heures de Boston ou New York et à 14 heures de Chicago. On est un pôle économique au sein du bassin de l’est du continent nord-américain!»

Les couronnes nord et sud se développent à un rythme fulgurant. La hausse des prix résidentiels sur l’île de Montréal – la plus élevée au Canada de 1995 à 2004 – a stimulé leur croissance. «Les salaires, eux, sont restés relativement stables, dit l’économiste à la Communauté métropolitaine de Montréal, Maxime Trottier. Les régions centrales sont devenues hors de portée pour plusieurs bourses.»

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Le directeur de l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal, Gérard Beaudet, explique que cette progression s’est amorcée après la Seconde Guerre mondiale. «Les grandes villes attirent beaucoup de gens, mais elles les redistribuent dans leurs banlieues. Montréal tient le coup à cause de l’immigration.»

Dortoirs périphériques

Plusieurs résidents du 450 désirent limiter leurs déplacements. Des municipalités autrefois qualifiées de villes-dortoirs se targuent maintenant d’avoir coupé le cordon avec la métropole.

En 20 ans, la population de Terrebonne, dans la MRC Les Moulins, a doublé. De leur côté, les Montréalais ne sont que 5,2 % plus nombreux. Selon Statistique Canada, Terrebonne est aussi la ville québécoise où l’on compte maintenant le plus de jeunes de moins de 15 ans.

À Mascouche, ville voisine, et à Terrebonne, la croissance de l’emploi est plus importante que la croissance démographique. «L’appellation ville-dortoir n’est plus d’actualité!» s’exclame le directeur du Centre local de développement économique de la MRC Les Moulins, Claude Robichaud.

Selon Gérard Beaudet, lorsque la population augmente dans les périphéries, elle désire des services de proximité. «Il s’agit d’aller à Longueuil pour voir le nombre faramineux d’emplois que l’on peut trouver dans les domaines manufacturier, commercial, institutionnel ou culturel.»

L’île de Montréal compte pour un peu moins de 50 % de la population de la communauté métropolitaine de Montréal, mais elle représente encore 69 % de l’emploi. C’est pourquoi il y a tant de bouchons de circulation quotidiens partout autour de Montréal et que le phénomène des villes-dortoirs persiste.

Maudit trafic!

Plusieurs résidents de la banlieue ont décidé de fonder des entreprises dans leurs communautés pour se rapprocher de leur milieu de vie et gagner de précieuses heures perdues au volant. «Si l’emploi et les commerces étaient encore massivement concentrés dans la ville centre, nous aurions de sérieux problèmes de circulation», remarque Gérard Beaudet.

Le développement des technologies permet maintenant de vivre plus loin de Montréal, sans perdre complètement le contact. «Par exemple, je connais des représentants pharmaceutiques qui s’organisent parfaitement bien à partir de la maison», fait valoir le maire de Blainville, François Cantin.

L’explosion de l’autoroute de l’information n’explique pourtant pas le mouvement de la population vers la banlieue, selon Maxime Trottier. «La communication ne passe pas juste par une série de messages par courriel, dit-il. Internet ne remplacera jamais les poignées de main.»


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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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