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Depuis le début de cette action, l’artiste a investi beaucoup de temps et quelque 800 $ de sa poche pour l’achat de terre et de semences. Mais son œuvre pourrait être détruite sous peu : l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal négocie présentement l’acquisition du terrain, pour lequel un projet d’aménagement (comportant des infrastructures et des espaces verts) a été conçu et qui entraînerait le démantèlement de son jardin.
Si Emily Rose Michaud admet que le caractère éphémère de l’œuvre contribue à sa magie, elle se désole toutefois de la perte de cet espace de liberté. «Le terrain actuel sert à ceux qui veulent se rencontrer autour d’un feu, méditer, se promener, enterrer leurs animaux... L’aménager réduirait la variété de ses usages, mais aussi de sa biodiversité», estime l’artiste qui milite pour qu’une partie du champ reste inchangée.
Même pratiquée avec les meilleures intentions, la guérilla jardinière n’en reste pas moins interdite par la loi. Quelqu’un qui s’aventure à planter sur un terrain appartenant à la municipalité est passible d’une amende de 100 à 300 $. Une partie du thrill, diront certains.
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Cela dit, David Tracey rappelle que les arrestations demeurent très rares. «Lors de mes sorties, je m’attendais à plus d’opposition de la part des autorités. Des policiers m’ont même déjà encouragé à la tâche!» Comme il le souligne dans l’introduction de son manuel, «le taux de criminalité en Amérique du Nord n’a pas décliné au point où les escouades policières doivent s’occuper avec des légumes».
Dans quelques endroits, la guérilla jardinière est même sanctionnée par des programmes environnementaux. C’est notamment le cas à Vancouver, où l’initiative Green Streets encourage les citoyens à fleurir les terre-pleins et les coins de rue de leur voisinage.
Ismael Hautecœur, architecte paysagiste et chargé de projets pour l’ONG Alternatives, souhaiterait que Montréal emboîte le pas. «Rien ne se passe dans nos rues parce que tout y est interdit!» lance-t-il. En attendant que la guérilla jardinière puisse être pratiquée au grand jour, il opte pour la légalité en cherchant des partenariats avec des institutions qui souhaitent reverdir leur image.
Plant d’action
Évitez les plantes envahissantes.
Celles-ci (comme le bambou japonais ou la salicaire pourpre) peuvent nuire à la biodiversité. Choisissez plutôt des plantes résistantes, vivaces et de préférence
indigènes. Aussi à éviter : les plantes exotiques, les annuelles et les nains de jardin.
Choisissez votre lopin de terre avec soin.
L’idéal : un petit bout de terrain assez accessible pour vous permettre d’arroser de temps à autre, mais à l’écart du trafic piétonnier.
Équipez-vous d’une truelle.
Cet instrument de jardinage portatif suffit pour creuser un trou assez profond pour planter des semences ou une bouture.
Agissez la nuit ou à l’aube.
Vous serez ainsi à l’abri des regards indiscrets. Le jour, le port d’une veste fluo comme celle arborée par les cols bleus ou l’air de savoir ce que vous faites peuvent être suffisants pour écarter les suspicions.
Soyez économe.
Inutile de dépenser pour s’initier à la rébellion jardinière. Récupérez des semences inutilisées par des amis, faites des boutures, séparez vos plants de vivaces, etc.