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«Nous devons dire que nous existons! Il faut lutter contre la menace sourde qui dit que les athées ne sont pas bienvenus dans la société», explique Michel Virard, président de l’AHQ.
Selon Solange Lefebvre, vouloir ainsi se rassembler serait toutefois un réflexe typiquement… religieux! «Il y a toujours eu une tendance au sein de l’athéisme à imiter les religions. Le communisme est un bon exemple d’athéisme religieux, où une véritable dévotion au chef remplace la religion.»
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Le désir de se regrouper ne serait pas une impulsion religieuse, mais humaine, réplique Stuart Bechman, président de l’Alliance athée internationale, une organisation qui a vu le jour aux États-Unis en 1992 et qui chapeaute aujourd’hui 70 associations athées à travers le monde. «Nous ne copions pas les croyants! L’humanité est une race sociale; nous bâtissons des liens basés sur une vision du monde athée et je ne crois pas que nous devions nous en excuser.»
Mais un réveil semble avoir sonné lors des attentats de septembre 2001 aux États-Unis, commis par des fondamentalistes musulmans. «Les athées se sont sentis visés, car ces religieux croient, entre autres, que les mécréants méritent la mort, dit Michel Virard. De plus, la droite religieuse américaine, qui a pris le contrôle du parti républicain, avait fait élire un des leurs, George W. Bush. De là la volonté de rentrer dans la mêlée.»
Au Québec, bien que 80 % de la population s’affirme encore catholique, la laïcisation domine, c’est-à-dire la prise de distance des individus par rapport aux institutions religieuses, explique Jean-Pierre Proulx. «C’est le fait de ne plus fréquenter la messe, par exemple, ou de ne pas régler son comportement sur les positions du pape.»
Mais cette forme d’indifférence face à l’Église ne nous met pas à l’abri du débat religieux. Ici comme ailleurs, les attentats de 2001 ont eu pour effet de braquer de nouveau l’opinion publique sur la question. Et les étincelles autour des accommodements raisonnables l’ont prouvé : nos églises ont beau être désertes, les religions restent d’actualité et la foi a la vie dure. «Le nouvel athéisme, c’est l’offensive de certains athées qui sont sans doute agacés de voir à quel point la religion est populaire, alors qu’on annonce toujours sa fin!» dit Solange Lefebvre.
Andréa Richard, ex-religieuse cloîtrée devenue auteure et conférencière sur la spiritualité, croit qu’on assiste à un dangereux retour en arrière sur le plan religieux au Québec. «Les catholiques se durcissent pour faire face à la montée des religions, l’islam par exemple. Il ne faudrait pas que les athées durcissent aussi leur position. Depuis des siècles, il y a des guerres de religion. Va-t-on maintenant lancer une guerre entre croyants et athées?»
C’est pourquoi elle prône l’agnosticisme, doctrine qui reconnaît le doute qui persiste autour de l’existence de Dieu. «Je fais appel aux chefs religieux et athées pour qu’ils se donnent la main et reconnaissent que personne ne sait s’il y a un Dieu ou non. Si nous étions tous agnostiques, nous pourrions vivre une spiritualité laïque basée sur des valeurs humanitaires et non sur des dogmes religieux qui relèvent tous de la magie et du mensonge», dit-elle. Un souhait utopique? «Peut-être, mais ça peut faire son chemin si on en parle.»
Au sujet de l’existence de Dieu…
L’athée ou le non-croyant dit : il n’existe aucune forme de divin ou de surnaturel.
L’agnostique dit : on ne sait pas si Dieu existe ou pas. Rien ne prouve l’un ou l’autre.
Les personnes qui se disent sans religion sont soit nées sans religion (par exemple, sans baptême), ont apostasié (quitté de leur plein gré leur religion) ou adhèrent à ce qui peut être considéré comme une philosophie plutôt qu’une religion (bouddhisme, etc.).