La croyance populaire veut que l’argent fasse le bonheur. Or, il peut aussi nous bousiller la vie, au point où certains vont maintenant en thérapie pour faire la paix avec lui.

Bien avant la crise économique actuelle, liquider ses dettes financières figurait au sommet des résolutions du Nouvel An aux États-Unis, surpassant celle de perdre du poids! Ce n’est guère étonnant : en 2008, chez 80 % des Américains, l’argent aurait été la plus grande source de stress, selon l’American Psychological Association.
Au pays de l’oncle Sam, la gestion des finances personnelles semble si problématique que nos voisins traitent maintenant les maux d’argent au moyen de la thérapie financière, un croisement entre la psychothérapie et les conseils financiers.
L’argent nous rend-il à ce point malades? «Oui», affirme le psychologue Brad Klontz, un des pionniers de la thérapie financière aux États-Unis qui pratique à Hawaï. La surconsommation en général de même que l’achat compulsif font beaucoup de victimes. «Comme pour toute dépendance, les gens deviennent irritables et déprimés quand ils sont privés de magasinage, activité qui leur fournit des endorphines au cerveau», dit-il.
Mais d’autres désordres financiers causent aussi des dégâts importants : la pingrerie maladive; l’emprunt en série; l’infidélité financière (mentir à son conjoint à propos de l’argent); l’inceste financier (contrôler ses proches au moyen de l’argent qu’on leur donne); la manie du bas de laine (la peur d’investir son argent); encourager ses proches à la dépendance financière (ce qui serait le cas de certains baby-boomers envers leurs enfants adultes); et le fait de travailler à outrance (workaholism).
Au cours des six dernières années, Brad Klontz a traité plus de 200 individus aux prises avec des désordres psychologiques liés aux finances. Qu’ils soient hommes ou femmes, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, ses clients entretiennent tous une relation malsaine avec l’argent, qui entraîne des comportements destructeurs récurrents mettant leur santé financière et mentale en danger.
Depuis ce déclic, il travaille en collaboration avec des psychologues tel Brad Klontz dans le cadre de la thérapie financière, soit en consultation individuelle ou en petit groupe lors d’ateliers intensifs de six jours. Le but de ce partenariat : fusionner la puissance de la psychologie et de la planification financière afin que le client modifie d’abord ses comportements face à l’argent afin de retrouver un jour une bourse en santé.