
Pour ce faire, ce type de thérapie s’attaque aux croyances entourant l’argent, que nous tissons tous, à notre insu, au fil de l’existence. «Ces convictions nous sont inculquées par nos parents et la société, explique Rick Kahler. Elles tournent sans arrêt dans notre tête, sans qu’on en soit conscients, et dictent nos comportements financiers. Par exemple, plusieurs ont la croyance qu’il faut travailler fort pour son argent. Mais le jour où on travaille fort mais qu’on ne fait pas d’argent, on commence à souffrir.»
Autres exemples de conceptions qui peuvent en venir à miner les finances : l’argent est sale; avoir plus d’argent règlerait tous mes problèmes; les enfants coûtent cher; les riches sont avares; il ne faut jamais faire confiance aux gens qui ont de l’argent… La thérapie permet de les déterrer, de les remodeler et de changer de façon permanente afin d’avoir des comportements plus sains face à l’argent.
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«Or, ces désordres existent dans la vie de tous les jours! Regardez seulement la crise économique actuelle… C’est le fait de trop dépenser qui l’a causée. Même la société souffre d’un énorme désordre financier», décrit-il.
Au Québec, selon l’Ordre des psychologues, il n’y a pas de spécialistes de la thérapie financière proprement dite, telle qu’elle se pratique aux États-Unis depuis 2003. Mais quelqu’un qui vit mal sa situation financière n’est pas sans recours ici, selon le psychologue Nicolas Chevrier, des Services psychologiques Séquoia, à Montréal. «Les psychologues sont capables de faire face à des problématiques financières, car le client consultera pour des symptômes d’anxiété, de stress, de culpabilité, comme il pourrait en vivre dans une problématique amoureuse, par exemple. Le psychologue travaillera sur les pensées, les croyances et les comportements dans le but que son client atteigne, dans ce cas, un bonheur financier», explique-t-il.
Lison Chèvrefils, planificatrice financière de longue date à Montréal et auteure de deux livres sur la gestion des finances personnelles, constate tous les jours dans son bureau que l’argent est une grande source de souffrance. «Des fois, je ne peux pas aider certains clients. Je détecte rapidement les problèmes caractériels, par exemple des cas de dépenses compulsives, de faillites à répétition ou de phobies de dépenser, qui outrepassent mes compétences. Je les envoie alors vers une association coopérative d’économie familiale pour qu’ils obtiennent un accompagnement sur le budget. Mais je ne peux pas leur suggérer d’aller voir un psy : qui suis-je pour poser ce type de jugement?»