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«Tous les lecteurs le disent : le livre imprimé ne mourra pas, explique Karine. Un livre, tu l’ouvres, tu le sens, il est pesant… c’est le fun! De plus, le Web fait beaucoup la promotion des livres et les vend. Même des non-voyants lisent plus grâce à Internet, qui leur permet de trouver les contenus littéraires et de les transformer en audio ou en braille», dit-elle.
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Le Web pourrait même ramener le livre au cœur de la culture, croit Nicolas Langelier, responsable des contenus numériques aux Éditions du Boréal à Montréal. «La musique et la vidéo ont beaucoup pris les devants depuis les débuts d’Internet. Le livre était resté à part, car les contenus littéraires n’étaient pas numérisés. Mais actuellement, des initiatives virtuelles de toutes sortes se multiplient autour de la littérature et peuvent lui redonner sa place culturellement.»
Il a espoir que les sites permettant aux internautes d’échanger sur la littérature contribuent, au final, à augmenter les ventes de livres. Et qu’Internet favorise un jour l’achat impulsif de livres numérisés, comme iTunes l’a fait pour la musique. «On ne lira peut-être pas en entier tout ce qu’on achètera, mais au moins, les idées vont circuler. C’est extraordinaire», s’exclame-t-il.
Davantage que le livre en soi, qui sera inévitablement de plus en plus lu sur support numérique, Internet menace surtout notre capacité de concentration, selon Nicolas Langelier. «On lit maintenant de façon plus superficielle. On regarde les grands titres, on saute d’une page à l’autre, comme sur un site Web. C’est un peu problématique pour le livre. Il va falloir le repenser en fonction de ça, en publiant notamment des textes plus courts, tant en fiction qu’en non-fiction.»
Grâce à des codes fournis dans le livre imprimé, le lecteur de Level 26 peut se connecter au site pour visionner des clips vidéo qui font le lien entre les chapitres. Il peut aussi intégrer cette communauté virtuelle et participer à la création de futurs scénarios et personnages de la série romanesque de trois tomes. «À ma connaissance, c’est la première fois qu’une maison d’édition se lance dans ce type d’aventure multimédia. C’est une approche novatrice pour raconter des histoires. Cette extension du livre sur le Web, qui permet de le partager au sein d’une communauté, pourrait devenir le nouveau modèle en édition», affirme Miles Beckett.
Alors que les maisons d’édition commencent à prendre le virage numérique, le Web pourrait se révéler la nouvelle locomotive de la littérature, qu’on l’écrive ou qu’on la lise. «NaNoWriMo est une créature d’Internet. Sans lui, ce marathon d’écriture universel ne pourrait pas exister. Car ce qui fait que c’est si excitant, c’est que beaucoup d’internautes y participent», avance Chris Baty.
«Internet est un fabuleux outil de créativité et de partage, spécialement pour les écrivains, qui ont besoin d’une structure de travail et d’encouragements, ajoute-t-il. Le fait que le NaNoWriMo soit si populaire prouve que les gens aiment les livres et qu’ils sont là pour de bon, sous forme imprimée ou numérisée.»
Comme le courriel et les blogues ont tranquillement redonné vie à l’écriture, Internet pourrait bien revitaliser la lecture aussi, croit Matthew Baldwin.
C’est presque écrit dans le ciel.
Au sein du club de lecture BouquiNet…
Les auteurs qui ont fait le plus parlé d’eux dans le forum de discussion :
Anna Gavalda, Arto Paasilinna et Maxime Chattam.
Le livre ayant suscité le plus de discussions enflammées : Syngué
sabour - Pierre de patience de Atiq Rahimi (Prix Goncourt 2008).
Un livre qui a fait l’unanimité : L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón.
Un livre qui continue de faire parler autant en bien qu’en mal : Et si c’était vrai de Marc Levy.
Source : Karine Villeneuve, édimestre, BouquiNet