Trouver un article
D’après André Lauzon, le travail des développeurs pourrait toutefois se corser au cours des prochaines années. Pour le moment, l’hégémonie d’Apple facilite la tâche, puisque la plupart des applications sont conçues pour fonctionner uniquement avec la technologie de la multinationale américaine. Mais au fur et à mesure que ses concurrents gagneront du terrain, les développeurs devront concevoir des produits compatibles avec plusieurs plateformes. Par exemple, EA Mobile, qui développe des jeux pour les téléphones en tous genres, teste régulièrement ses nouveaux logiciels sur plus de 450 téléphones différents.
«Il faudra attendre que les autres plateformes comme celle de Palm décollent pour voir comment l’industrie se transformera, estime André Lauzon. Mais le marché ne restera pas uniquement chez Apple. Après tout, 30 millions de iPhone vendus c’est beaucoup, mais c’est peu si on compare aux centaines de millions de téléphones cellulaires en circulation dans le monde.»
| Pub. |
Ainsi, au printemps dernier, Olivier Hill, un jeune programmeur de Laval, a développé en quelques semaines AMT Mobile, une application pour iPhone qui donne accès aux horaires de l’Agence métropolitaine de transport.
«Une application semblable existait pour les autobus et le métro de Montréal, mais j’avais besoin d’une application pour les trains de banlieue. Puisque j’avais un peu de temps entre deux contrats, j’ai décidé d’apprendre à programmer pour le iPhone et à développer l’app moi-même», explique-t-il.
Son logiciel a été accepté par Apple (la compagnie en refuse régulièrement pour une kyrielle de raisons). «La seule chose que je pourrais leur reprocher, c’est un manque de communication», explique-t-il en racontant qu’il a reçu un courriel d’approbation quelques heures à peine avant la mise en ligne de son application. Ce qui aurait été problématique s’il avait voulu lancer une campagne de publicité.
Mais ce n’est pas le cas et ses objectifs sont particulièrement modestes : «Rembourser les frais de 99 $ que j’ai dû payer à Apple pour m’enregistrer comme programmeur et payer l’hébergement de mon application sur Internet qui coûte quelques dollars par mois.»
Comme quoi l’App Store a déclenché une ruée vers l’or et les pépites n’ont pas toutes la même taille!
Tout le monde en parle
Quelques-unes des nombreuses applications qui ont défrayé les manchettes, pour les bonnes mais surtout les mauvaises raisons, depuis l’ouverture de l’App Store.
BabyShaker : Dans ce… jeu (?), l’usager secoue son iPhone afin de tuer un bébé pleurnichard. Apple a banni l’application deux jours après son lancement, au printemps dernier, ce qui n’explique pas comment elle a pu être acceptée en premier lieu.
I am rich : À 999,99 $, l’unique «utilité» de ce «logiciel» était d’étaler sa richesse en affichant une pierre précieuse sur l’écran du iPhone. Huit personnes l’ont acheté avant qu’Apple ne la retire de sa boutique. On attend toujours l’application «I am un peu innocent».
iBeer : Avec cette application, le iPhone prend l’apparence d’un bock de bière. En penchant l’appareil, le «verre» se vide comme si on le buvait. L’une des deux seules applications payantes qui ne sont pas des jeux parmi les 20 plus populaires (l’autre est un logiciel de pets). Rafraîchissant.
iFart : Son créateur a empoché des milliers de dollars en vendant cette application qui émet des bruits de pets, mais des dizaines de possibilités gratuites s’offrent maintenant aux usagers en mal de gags faciles. Élégant.