Tendances

La vérité sur le mensonge (suite)



Fermer les yeux

Si le mensonge est si répandu, c’est peut-être aussi parce que peu de gens cherchent à connaître la vérité. «Nous nous donnons rarement la peine de vérifier les faits ou d’aller chercher l’opinion sincère des autres», explique Robert Feldman. Plus agréable, en effet, de se faire dire «mais non, chéri, tu ne perds pas tes cheveux» que l’inverse.

Sans compter qu’il est parfois très pratique de se mentir à soi-même. Olivier Mathieu, étudiant au doctorat en philosophie, avoue mentir – et se mentir – très souvent. «Le mensonge est une sorte d’hygiène personnelle. Si je devais me répéter tous les jours que j’ai cinq livres en trop, je déprimerais. C’est plus facile de m’illusionner et de faire semblant de rien», confie-t-il.

Une habitude qui mène à une perception faussement supérieure de soi. «La plupart d’entre nous croyons, à tort, être de meilleurs conducteurs que la moyenne, illustre Robert Feldman. Ou avoir certaines capacités que nous n’avons pas. Nous cultivons une fausse image de nous-mêmes que les autres nous renvoient en continuant à nous mentir.»

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Viser vrai

Les menteries ont donc encore de beaux jours devant elles, croit Claudine Biland. «Ce sont les motivations derrière le mensonge qui importent. Par exemple, à quoi ça servirait de dire à mon compagnon que, par moments, j’ai du mal à supporter certaines de ses manies – surtout si je tiens à la relation et que j’ai l’intention de rester avec lui?»

Il y a moyen d’être franc sans blesser autrui, tempère Robert Feldman. Il préconise ce qu’il appelle l’Active Honesty Assessment (évaluation active de la franchise). Une démarche qui consiste à ne pas systématiquement tenir pour acquis que les autres disent la vérité, à s’efforcer d’être le plus honnête possible, à soupeser les raisons qui nous poussent à mentir et à faire un effort pour solliciter la franchise des autres. «Nous devons viser l’authenticité en disant, par exemple : j’aimerais con­naître ton opinion sincère, je ne serai pas insulté si tu n’es pas du même avis que moi.» Une formule qui aurait, selon lui, le mérite de renforcer la confiance que nous avons les uns envers les autres.

Alors, chéri, dis-moi la vérité : c’était meilleur avec ton ex?


Tu pues des pieds
Dans le combat contre le mensonge, certains font un choix extrême : l’honnêteté radicale.

«Ça te dérange si je t’emprunte ta brocheuse?

– Oui, parce que je ne t’ai jamais vraiment aimé la face et que je n’ai pas envie de te rendre service.»

Voilà le genre d’échange 100 % honnête que prône l’Américain Brad Blanton, fondateur du mouvement Radical Honesty (franchise radicale). Une doctrine qui préconise la vérité en tout temps et vise à sevrer les gens de leur dépendance au mensonge. Le tout, dans le but de réduire le stress, guérir les blessures du passé et rendre les gens plus heureux.

Il anime des conférences et séminaires où les participants sont invités à se dire leurs quatre vérités et à confronter leurs proches pour crever les vieux abcès. Vous fantasmez sur votre belle-sœur? Dites-le à votre femme. Vous trouvez que votre patron est un imbécile? Allez-y, ne vous gênez surtout pas.

Brad Blanton, 68 ans, s’est même déjà présenté comme candidat indépendant au Congrès aux élections américaines de 2004 et 2006. Sa promesse? Être un politicien honnête. Il n’a pas été élu. Ce prophète de la transparence absolue a aussi été marié cinq fois, signe que la franchise radicale est peut-être un peu dure pour le couple.


guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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