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Vie au travail

Retour au bercail (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 6 no. 7 août 2005

Soit. Mais qu’est-ce qui nourrit tant l’entrain des employés pétulants?

La principale source de motivation reste bien sûr l’amour de son travail. «Je n’ai jamais vécu de blues postvacances, affirme Simon Blouin, conférencier et formateur. Au contraire : quand arrive la fin de l’été, j’ai hâte de retrouver mes auditoires. Je pratique le plus beau métier du monde : je suis payé pour être écouté! C’est valorisant parce que je sens que j’apporte vraiment quelque chose à ces gens. À mon avis, la motivation de revenir au travail va de soi quand on a confiance en son importance et qu’on a des idéaux professionnels.»

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Le retour des vacances est d’ailleurs une bonne occasion de prendre le pouls de sa relation avec le travail, remarque Marie Claude Lamarche. «Certains développent des maladies à la seule idée de remettre le petit orteil au bureau. Il faut alors se demander si on est à la bonne place. Soit on change d’emploi, soit on s’attaque à la source de notre souffrance au travail. Les gens n’agissent pas assez; ils sous-estiment leur pouvoir de négociation et se contentent de subir. Pourtant, il y a presque toujours une solution.»

Par ailleurs, selon Statistique Canada, les Canadiens semblent plutôt contents de leur sort en ce qui concerne le travail. Les données issues de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes pour l’année 2003 indiquent que les répondants très satisfaits ou plutôt satisfaits de leur travail sont bien plus nombreux que les mitigés ou carrément insatisfaits : 1,4 million de personnes contre 151 842.

Les copains d’abord

Une bonne partie du bonheur de revenir au travail trouve aussi sa source dans le contact avec autrui. «L’automne, c’est une belle période de retrouvailles et le moment privilégié pour humaniser ses rapports avec les collègues», souligne l’andragogue Carol Allain, spécialiste de l’enseignement adapté aux adultes. «La qualité de nos relations avec eux est fondamentale à notre bonheur.»

Claudette Taillefer, assistante comptable et adjointe administrative pour les Cinémas Ciné Entreprise, est bien d’accord. «Avec le temps, mes compagnons de travail sont devenus ma deuxième famille, mes meilleurs amis. On partage nos photos de voyage, on rit, on se confie nos joies et nos tristesses. Ces contacts sociaux et affectifs sont vitaux pour moi.»

Par ailleurs, pourquoi ne pas profiter de la rentrée pour régler de vieux conflits qui traînent avec des collègues et repartir sur de nouvelles bases? «Pendant l’été, on a pris une distance, on s’est ressourcé et on peut enfin poser un regard neuf sur la situation, affirme Carol Allain. Il faut oser exprimer son malaise et savoir demander pardon.»

Et puis, que septembre ouvre la porte à de nouvelles rencontres professionnelles ravigotantes! «On peut se donner pour mission d’élargir son réseau de connaissances en se rapprochant de gens qui peuvent nous alimenter intellectuellement, nous sortir de notre zone de confort et nous faire progresser comme individu et travailleur», suggère Carol Allain.

Le début d’un temps nouveau

Un autre truc pour repartir en beauté après le bal des barbecues et des chaises longues : mettre enfin en branle un projet spécial qu’on s’était gardé en réserve exprès pour la rentrée. «La perspective de réaliser des défis professionnels qui nous tiennent à cœur donne vraiment le goût de revenir au travail», estime Josée Forget, psychologue chez Matte Groupe Conseil. Par exemple, organiser un déjeuner-causerie sur l’équilibre travail-famille, monter un centre de documentation, faire la planification de la relève… Ou encore, comme le conférencier Guy Bourgeois, refaire à neuf la visibilité de son entreprise. «Avant de partir en vacances, j’ai fait imprimer de nouvelles cartes professionnelles et de nouveaux dépliants. Je suis tellement content du résultat que j’ai hâte de revenir en septembre pour les distribuer à mes clients!»

On peut aussi se motiver en mettant à exécution quelques bonnes résolutions, petites ou grandes : apprendre à respecter ses limites, mieux gérer son temps, faire une promenade dehors chaque midi, apprendre à mieux communiquer, aller s’entraîner trois fois par semaine en revenant du bureau.

Encore un conseil : planifiez votre retour de vacances, histoire de ne pas perdre votre belle attitude zen dès le premier lundi de travail. Et évitez l’indigestion de courriels et d’appels téléphoniques. «Assurez-vous que les choses urgentes soient prises en charge pendant votre absence et qu’il n’y ait pas de grosses réunions à l’horaire en revenant, suggère la psychologue Marie Claude Lamarche. Parfois, les retours sont si abrupts qu’ils dissuadent certains de partir!»

D’ailleurs, un travailleur canadien sur dix ne prend jamais de vacances... Ce qui est une bien mauvaise idée, de l’avis de tous les experts consultés. Car si excitant puisse être le retour au travail, le farniente est essentiel à l’équilibre. Mais cela, vous l’aviez déjà compris, n’est-ce pas?

Bonne rentrée à tous!


Des douceurs de la rentrée

• Les soupes aux pois et sauces à spaghetti maison
• Les livres et les crayons neufs
• Les nouveaux habits
• Les souliers neufs
• Les pulls de laine
• Les bains chauds
• Les nouvelles séries télé
• Les biscuits frais sortis du four
• Les pyjamas et les pantoufles
• Les couleurs d’automne
• Les balades en forêt
• La rentrée artistique
• Les cours de peinture, de yoga, de chant…
• Les résolutions
• Le football
• Les tartes aux pommes


guide de survie


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