Équilibrée? Bénéfique? Utopique? La semaine de quatre jours tient une place spéciale dans l’imaginaire collectif des Québécois. Bien qu’elle soit encore peu répandue dans la province – seulement 8,5 % des travailleurs bossent de 30 à 34 heures par semaine, selon Statistique Canada –, ils sont tout de même quelques-uns à tester la formule et à faire verdir les autres d’envie! Quatre de ces chanceux présentent ici leur semaine de quatre jours et les réflexions qu’elle suscite dans leur quotidien.
Traits communs : horaires bigarrés, vie équilibrée, petits et grands bonheurs et croix définitive sur la semaine de cinq jours!

Un terrible effet secondaire des 40 heures par semaine : la fatigue. «J’étais complètement lessivée le dimanche après avoir fait l’épicerie, le lavage et le ménage. Je ne profitais pas de mes week-ends.» Le cercle vicieux a cessé lorsqu’elle est retombée à quatre jours. «Je me suis tout de suite sentie plus efficace et motivée au travail. Je profite plus de mes temps libres : lecture, improvisation, cafés, amis et plein air. Je prends soin de moi au maximum!»
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Jeune et convaincue – les vieux la taxeront d’idéaliste –, Marie-Pier croit que les gens d’aujourd’hui vivent pour travailler. «Très souvent, leur carrière les déprime ou les écrase. Je trouve ça triste qu’ils vivent dans un moule préétabli. Notre société doit repenser le marché du travail et le monde des affaires.»
Mesures draconiennes? Renouveau philosophique? Oui, implanter la semaine de quatre jours serait ardu d’un point de vue logistique et économique. Mais pour Marie-Pier, les murs sont surmontables. Aux grands maux, les grands remèdes : mener une vaste campagne de sensibilisation sur le surmenage, étaler la semaine de travail sur sept jours, accorder une grande flexibilité aux employés… Le temps presse : burnouts et nausées dans les bureaux à cloisons obligent.
«Pour ma part, je veux prendre plus de temps pour la vie que pour la business. J’aimerais travailler à quatre jours pour le reste de mes jours!»
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«Je vois autant d’avantages que d’inconvénients à cet horaire instable. Physiquement, c’est très dur. Les études démontrent qu’on vieillit plus vite parce qu’il faut constamment s’ajuster à un nouveau rythme. Après sept nuits d’affilée, mes six jours de congé sont bienvenus!»
Ce train de vie turbulent, Olivier l’a choisi et vit avec. Il adore son job et en assume les contrecoups, tout en savourant les moments caractéristiques qu’offre chacun de ses quarts de travail : grasse matinée, levers et couchers de soleil multicolores et Montréal la nuit.
Du temps libre, il en a beaucoup. Mais le timing n’est pas toujours propice. À preuve, il termine actuellement un baccalauréat à HEC Montréal entamé en… 1999! «Je manque souvent des cours, puisqu’ils tombent un lundi ou un jeudi soir où je travaille. Idem pour le volley-ball du mardi. Les engagements fixes sont difficiles à respecter.»
À quand la semaine de quatre jours pour tous? «C’est sûr que plein de monde sauteraient sur l’occasion, ma femme la première! Mais j’ai quelques réserves. Un jeune dans la vingtaine qui choisit cet horaire pourrait démontrer, aux yeux de son patron, un manque d’ambition ou de la paresse. Ça menacerait peut-être l’avancement de sa carrière ou une éventuelle promotion.»
Tout compte fait, préférerait-il un horaire stable de neuf à cinq? «Je le prendrais, oui… mais seulement à quatre jours par semaine!»
Combien coûte une journée de moins?
En adoptant la semaine de travail de quatre jours, vous perdriez 20 % de votre paye, n’est-ce pas? C’est théoriquement vrai, mais concrètement faux. Le sacrifice financier se situerait plutôt entre 8 % et 18 % de vos revenus pour une semaine de 32 heures.
Car il faut calculer les impôts et les prestations reçues de l’État (crédits pour TPS et TVQ, allocations familiales, etc.) pour calculer le résultat net d’un gain ou d’une perte de salaire. C’est ce qu’on appelle le taux marginal d’imposition. Voici ce que coûterait une réduction de travail à 32 heures pour deux types de ménages et salariés.
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* Le terme «net» traduit le solde réel disponible d’un salarié après impôts, prestations et crédits gouvernementaux.
Source : LAFERRIÈRE, Claude. Résidents du Québec – 2005, Taux d'imposition marginaux (implicites), www.er.uqam.ca/nobel/r14154/Pages/Quebec2005.htm